Lawson, op, cit., p
LK CUî^ÙLE ET LES CHAMBRES DE COMPEXS ATION.
payaient des chèques^. Plus tard, ils renoncèrent à rémission, les dépôts suffisant à leur fournir tous les capitaux dont ils avaient besoin.
Le mot « banque » prend alors un sens très spécial que Bageliot explique dans un curieux passage de son Lombard Slreei'^ : a Un vieil usage veut qu'un administrateur de la Banque d'Angleterre ne puisse être lui-même banquier... je parle de banquiers dans l'acception anglaise du mot, acception qui étonnerait considérablement un étranger. Un des membres de la famille Rothschild est administrateur de la Banque ; or un étranger serait disposé à penser que les Rothschild sont des banquiers, s'il existe des banquiers au monde. Mais ceci ne fait qu'indiquer la différence essentielle qui existe entre Tidée que nous nous faisons de la banque et celle que s*en font les étrangers... MM. Rothschild sont d'immenses capitalistes qui ont, sans doute, entre les mains beaucoup d'argent appartenant au public. Mais ils ne recevraient pas 2,000 francs payables à vue pour les rembourser en chèques de 100 francs ; or c'est là ce qui constitue la banque anglaise. Ils ont emprunté en grosses sommes, et pour un terme plus ou moins long, l'argent qu'il ont entre les mains. Les banquiers anglais, au contraire, reçoivent une quantité de petites sommes payables à vue ou dans un court délai. La façon dont ils se servent de leur argent est aussi toute différente. Un étranger pense que les affaires de change, c'est-à dire l'achat et la vente de papier sur l'étranger constituent une des principales fonctions de la banque... la grande majorité des banquiers de province, en Angleterre, ne vendent du papier que sur Londres ou les principales villes anglaises, et, à Londres, le commerce du papier commercial a échappé aux banquiers. La plupart d'entre eux ne sauraient pas faire une opération de change et ne sauraient comment s'y prendre pour faire revenir l'argent; ils aimeraient mieux, je crois, devenir marchands de soie que de faire des opérations semblables ».
C'est surtout depuis Tinstitution des banques par actions
1 Macleod. Theory of Crédit, t. L p 339.
ÉilI.^SION DU CHÈQUE.
(joint stock banks) que les dépôts et les chèques se sont développés. La Banque d'Angleterre fut longtemps la seule banque par actions qui existât dans cette partie du royaume. Elle avait obtenu en 4708 le vote d'un act lui réservant le privilège des affaires de banque à l'exclusion de toute association {co-part" nership) de plus de six personnes ; un certain nombre de banques par actions, qui existaient à cette époque, furent forcées de cesser leurs affaires. En i8il6, un acte du Parlement (ï^*', Geo. IV, cap. 46) disposa que les associations de plus de six personnes pourraient faire la banque en Angleterre au delà d'un rayon de 65 milles autour de Londres, à condition de payer licence et de n'avoir pas d'établissement à Londres : les associés devaient être responsables in infinilum de tous les engagements de leur banquet Les premières banques par actions formées à la suite de cet acte furent celles de Lancaster et de Huddersfîeld ; un grand nombre d'établissements semblables furent formés en province.
Quelques années après le vote de l'acte de Georges IV, Gil- ))art soutint que le Parlement n'avait pas entendu prohiber la formation de banques par actions à Londres même, mais simplement interdire aux /om^ stock banks qui y seraient établies l'émission des billets au porteur et à vue. Un acte de Guillaume IV (3^*^ et 4*^^, c. 98) adopta cette interprétation, déclarant que les lois antérieures n'avaient pas entendu interdire aux associations de plus de six personnes le commerce ou les affaires de banque à Londres et dans le rayon de 65 milles, mais simplement leur défendre l'émission des billets payables à présentation {on demand) ou à une échéance moindre de six jiiois, tant que durerait le privilège de la Banque d'Angleterre.
Peu après, en 1834, Gilbart fonda la première joint stock bank métropolitaine, la London and Westminster Bank. Plusieurs autres furent créées dans les années suivantes : London joint stock Bank, Union Bank, London andCounty Bank, Commercial Bank, Royal British Bank. Les dépôts des cinq premières s'élevaient en 1845 à 10 millions sterling. Dix ans plus tard, les dépôts des six banques se montaient à plus de 29 mil-
1. La Banque d'Angleterre a eu jusqu'en 1857 le monopole de la responsabilité limitée. V. Annuaire de législation étrangère, t. IX, p. 41.
LE CHÈQUE ET LES CHAMBRES DE COMPENSATION
lions Sterling. A cette dernière époque, les dépôts privés de Ja Banque d'Angleterre étaient de 11,675,000 livres sterling^
Actuellement (janvier 1911), les dépôts et comptes courants représentent, pour toutes les banques anglaises et galloises, 776.7 millions sterling; pour les banques écossaises, 106.7 millions sterling; pour les banques irlandaises, 62.5 millions sterling; pour celles des îles de la Manche, 1.1 million sterling.
Voici, pour l'ensemble du Royaume-Uni, l'évaluation totale, année par année ^, de 1880 à 1901 , des dépôts et comptes courants de toutes les banques par actions et de quelques banques privées* :