TEXTE PRIAUTIF DES XII TABLES
Injure simple ou arbre coupé : un mouton Os brisé (homme libre) : 12 moutons Os brisé (esclave) : 6 moutons Petit sacramentum : 2 moutons Grand sacramentum : 2 bœufs
Il n'est pas impossible que le texte primitif des XII Tables ait fixé toutes ces prestations en bétail. Car, puisque, même du temps de Varron, les magistrats prononçaient leurs amendes en bétail, notamment en moutons, bien qu'on les payât naturellement en monnaie, pourquoi les Décemvirs auraient-ils procédé autrement, en se référant implicitement, ou même explicitement à l'estimation officielle de la loi Aternia Tarpeia si récente ? ('^) Dire : ils ne l'ont pas fait, ils ont fixé les prestations en monnaie, en livres de bronze, la monnaie d'alors, c'est commettre une pétition de principe et supposer qu'il est démontré que nous possédons le texte primitif, ce qui est précisément en question et ce qu'aujourd hui personne ne croit plus (^*).
Si la loi des XII Tables parlait de moutons et de bœufs, alors c'était pour les premiers interprètes un devoir et une nécessité que de traduire en monnaie du temps cette formule pastorale et archaïque.
Encore aujourd'hui, chez nous, il existe quelque chose d'analogue. Certaines lois, antérieures au Code pénal, mais toujours en vigueur, prennent pour base du taux des amendes qu'elles prononcent, la journée de travail^ et c'est le Préfet qui, dans chaque département, fixe cette valeur ('^).
En tout cas, comme 25 n'est pas divisible par 10, il est mathématiquement impossible que les chiffres donnés par le texte que nous avons soient ceux du texte primitif, ou bien, il faut abandonner l'application aux XII Tables de l'estimation officielle faite par la loi Aternia Tarpeia, ce à quoi personne ne
songe, et en effet, il n'y a aucune bonne r l'avons vu.
2°. Les premiers commentateurs des XII
comme le grand pontife plébéien Tiberius Cori
ment le droit, traduisant, comme nous le cro
bestiaux ou les sommes des XII Tables, deva
une œuvre éphémère. En effet, ils devaient se 1
la monnaie d'argent et d'un rapport légal fixe e
le poids de cette dernière ne baisserait plus et c
d'argent étrangères, qui circulaient à Rome, se
Le denier valait la drachme attique et, par (
nouveau et cette drachme se trouvait légale
définitivement fixé. Nous avons vu en effet c
économique de l'argent, par suite de son affli
diminution graduelle et continuelle du poids de
motivée par l'opportunité de maintenir à peu p
monnaies d'argent étrangères circulant à Romi
Comme au temps des glossateurs, la glose
passée en force de loi, une glose ne peut arr£
l'afflux d'argent continua : dès 594 de Rome
soixante villes siciliennes, parmi lesquelles la
devenue l'alliée de Rome, était presque auss
pendant la première guerre punique ('*) (490-5
poids primitif (as sextantaire) au lieu des dei
La différence est celle de 12 à 5. L'as a don
Puis survient l'énorme tribut imposé à Cartl
18 millions de deniers payables en dix ans
des mercenaires d'environ sept millions de c
25 millions de nos francs qui allaient en di>
moins de 3oo.ooo citoyens, chez qui, cinqua
d'argent était très rare. A ces richesses destir
le produit du pillage des villes conquises,
par les généraux vainqueurs, les impôts de g
que le génie fiscal des Romains se hâta d'exp
conquêtes »
De là devait nécessairement résulter une monnaie de bronze, pour la maintenir en ra denier d'argent; aussi, sous la dictature de trouvons réduit au douzième de sa valeur prim Nous savons, par le témoignage de nos yeu as, depuis l'as semi-libral, se produisit gradi et sans aucun à-coup ("); donc, avant d'être primitif, en 537, l'^s a dû passer par les poid
lison de le faire, comme nous
Tables, ou même ceux qui, ncanius, enseignèrent publiqueyons, en monnaie du temps les ent croire qu'ils ne faisaient pas igurer que, par l'introduction de ntre elle et la monnaie de bronze, ue son change avec les monnaies trouvait définitivement stabilisé.
:onséquent, le rapport entre l'as Tient et, ils devaient le croire, |ue c'était la baisse de la valeur
IX à Rome, qui avait entraîné la la monnaie de bronze, diminution •es fixe le rapport entre l'as et les
fit oublier le texte. Mais, même ter le jeu des lois économiques; , elle avait déjà en son pouvoir superbe Agrigente, et Syracuse, i riche que Carthage C'). De là, 3), l'as tombé au sixième de son
X cinquièmes qu'il valait en 486.
: baissé d'un peu plus de moitié, âge (5i3), environ la valeur de et augmenté pendant la révolte eniers. « C'était, dit M. Belot^')
ans enrichir un petit peuple de ite ans auparavant, la monnaie ées au trésor de l'État, ajoutons les distributions d'argent faites uerre, les revenus de tout genre loiter dans les pays de nouvelles
nouvelle baisse du poids de la pport avec la valeur diminuée du Fabius Maxiraus en 537, nous le itive (*").
x, que la diminution du poids des ellement, presque insensiblement réduit au douzième de son poids i intermédiaires entre un sixième
CH. APPLETON
et un douzième, notamment par le poids de un dixième, et cela à une époque beaucoup plus voisine de celle du douzième que de celle du sixième, donc très
voisine de 537 de Rome. ^
C'est précisément à cette époque que se place la rédaction du Cens des Censeurs L. Aemiliuset C. Flaminius,dont l'achèvement est antérieur au i5 mars 536 de Rome, date de l'expiration des pouvoirs de ces Censeurs nommés au milieu de l'an 535. M. Belot {op. cit. p. 37) croit probable qu'ils avaient achevé leurs opérations aux ides de décembre de l'an 535. L'émission des as onciaux par le Dictateur Fabius Maximus, que Pline signale comme ayant eu lieu Hannibale urgente., paraît se placer à la fin de l'année 537, par conséquent deux ans environ après le Cens en question.
Or, Tite-Live (XXIV, II) nous montre que, dans ce document, le cens le plus élevé était d'un million d'as. On sait que, dans la classification attribuée à Servius, le cens de la première classe était de 100 mille as libraux. Si le chiffre de l'an 535 est dix fois plus élevé, c'est tout simplement parce que les as de 535 ne valaient, ne pesaient que le dixième des anciens as libraux; deux ans plus tard, ils n'en valaient plus que le douzième. Ainsi, s'explique de la manière la plus simple cette augmentation du chiffre du cens équestre, identique à celui de la première classe (Belot, op. cit. p. 23 et s.) qui a embarrassé les auteurs. (Voyez surtout Belot, op. cit., qui a bien vu l'influence de l'afflux de l'argent à Rome, mais a cru bien à tort, sur la foi des anciens, que l'as sextantaire avait été substitué tout d'un coup à l'as libral).
Pour une raison analogue, les premiers commentateurs des XI l Tables, soucieux de mettre à la portée du public un texte, dont certains mots étaient devenus inintelligibles même pour eux (") et de faire une œuvre pratique, se figurant d'ailleurs que le poids des as de 486 ne baisserait plusjamais, par suite du rapport légal établi entre leur poids et celui de l'étalon d'argent, le denier, ont traduit les chiffres des XII Tables en as de la nouvelle organisation monétaire. Pour cela, ils ont multiplié par deux et demi les sommes des compositions et du sacramentum, tels que les donnait le texte primitif (").
Donc, en 535, l'as ne pesait plus que le dixième de son poids primitif, et en 537 que le douzième. Il continua d'ailleurs à baisserjusqu'à devenir semi-oncial en 665 (loi Papiria). Mais, bien longtemps avant cette date, la valeur des compositions, désormais fixées en as monnaie, d'après la rédaction donnée au vieux Code par ses premiers commentateurs, était devenue dérisoire, témoin l'anecdote rapportée par LabéOn (Aulu-Gelle XX, i § i3):
Un certain L. Veratius (") s'amusait à souffleter les citoyens qu'il rencontrait. Un esclave, portant une crumena pleine d'as, en versait immédiatement 25 à l'insulté. Ce n'étaient certainement pas des as libraux, car pour distribuer seulement une douzaine de soufflets, à raison de 25 livres de bronze chaque, cela aurait fait une centaine de kilos, et ce n'est pas d'un esclave, mais d'un mulet Que Veratius aurait dû se faire suivre.
Cela ne prouve-t-il pas, avec évidence, qu'avant que l'as eût été réduit au