‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 189 sur 260 · Indian Ciirrencij Committee, 1898, question n · texte numérisé non relu

Indian Ciirrencij Committee, 1898, question n

2. Resumen de la importacion y de la eapovtacion, jttnio de 190o, aiio fiscal de 1^04-03.

3. Slabilitt/ of intematMiial e.Tcfiange, etc. Washington, 1903, p. 400.

4. Ce.'* cliitTros sont euipruntés au Bullelin cconoviique de la direction de VcKjricuUure et du coinmercc du «îouveruciueut général de l'Indo-Chinc, Nous avons combine les données fournies par les n" d'avril 4905 et àe septembre 1905.

Kong, Singapore, Siam et Chine) à 83,974,000 francs; celles des autres pays à 7,173,000 francs ; le total étant de 19o,786.000 francs (numéraire compris). Les proportions sont: pays à étalon d'or 53.5 p. %; pays à étalon d'argent, 42.9 p. 7o. A l'exporlation, les chiffres s'établissent comme suit : Europe 44,437,000 francs; pays asiatiques à étalon d'or 39,546,000 francs (dont 24,007,000 francs pour les Philippines et 9,552,000 francs pour le Japon) total pour les pays à étalon d'or, 83,983,000 francs ; pays à étalon d'argent, 70,780,000 francs; autres pays et réexportations 10/188,000 francs; total 164,951,000 francs (numéraire compris). Les proportions sont : pays à étalon d'or 50.9 p. 7o ; pays à étalon d'argent 42.8 p. 7o- En résumé, lo commerce avec les pays à étalon d'argent, bien que l'importance relative en ait diminué depuis 1900 et puisse encore se réduire dans l'avenir, représente encore près de 43 p. Vo des échanges totaux, tant à l'importation qu'à l'exportation. .

A un autre point de vue, la condition de l'Indo-Chine diffère^ beaucoup de celle de l'Inde et du Mexique. L'Inde a pour principal correspondant la métropole britannique, intéressée à lui venir en aide au cas de tension du change: le secrétaire d'État, a le moyen d'influer sur le cours de la roupie, en avançant ou en retardant les tirages du Conseil de l'Inde ; il ne manque pa& d'en user dans les moments difficiles. Des relations analogues existent entre les États-Unis et le Mexique. Les échanges entro ces deux Républiques, pour l'année 1904-05, représentent à l'importation 56 p. Vo (48,303,000 pesos sur 85,801,000 pesos) et à l'exportation 73 p. % (141,537,000 pesos sur 193,855,000 pesos) du commerce total du Mexique. Ce point d'appui peut manquer aux Philippines, où la proportion du commerce américain au commerce total, d'après les chiffres publiés par M. Ch.-A. Conant, ne dépasserait pas 12.5 p. 7o à l'importation (2,470,000 dollars sur 19,619,000 dollars) et 11.5 p. 7o àl'ex-

1. Hong-Kong sert d'intermédiaire pour beaucoup d'opérations entre rindo-Ghiue el le Japon qui pourraient se traiter directement et augmenteraient la somme des créances évaluées en or de notre colonie. Ou pense que le riz envoyé directement de Cocbinchine au Japon ne représente pas plus du tiers du total des riz cochiuchinois vendus à ce pays. Bul^ letin économique de la direction de VaQricaHuve et du commerce du f/ou^ vernement générai de Vlndo Chine, avril 1905, page 285. Cf. pages 271-280.

portalion (1,961,000 dollars sur 16,935.000 dollars). L'expé^ rience pourra seule montrer si les combinaisons destinées à régulariser le change philippin pourront néanmoins avoir leur effet. En tous cas, les Philippines bénéficient de celte circonstance que leurs échanges avec les pays à étalon d'or forment les 83 centièmes de leur commerce extérieur. Les relations directes de l'Indo-Chine avec les pays à étalon d'or ne constituent au contraire que la moitié à peu près de ses échanges. Les importations proviennent de France à concurrence de 47.8 p. %; la métropole reçoit 23.2 p. 7o des exportations. On peut se demander si la part prise par la métropole dans le commerce indo-chinois suffirait à lui donner le moyen d*exercer sur le change de la piastre TinQuènce régulatrice qui appartient à TAngleterre sur le change indien, alors que les places d'Extrême-Orient et notamment Hong-Kong pourraient suivre une politique contraire.

Au surplus les circonstances mêmes de ki réforme indienne, mexicaine ou philippine montrent combien il est difficile de connaître exactement les faits monétaires, d'y adapter un mécanisme législatif et d'en prévoir le fonctionnement. Le gouvernement de rinde avait cru nécessaire, en 1898, pour hâter la hausse de la roupie, de retirer et de refondre 240 millions de cette monnaie ; il a été obligé, au contraire, d'en émettre pour plus de 617 millions en six ans. Le Mexique, jugeant indispensable de conserver la piastre d'argent comme monnaie intérieure, visait seulement à lui donner une valeur fixe en or au point de vue des relations internationales; la réforme philippine s'inspirait 4es mêmes idées. Ce n'est pas au régime que Ton avait prétendu organiser qu'aboutissent les dispositions prises pour ces deux pays : la hausse imprévue de l'argent provoque l'exportation des piastres mexicaines et philippines; peutêtre l'or les remplacera-t-il comme monnaie principale*. L'étalon d'or peut convenir au Mexique. Les Philippines s'en accommoderaient-elles ? La question est pour le moins douteuse. Pour l'Indo-Chine elle ne le serait pas. L'étalon d'or s'adapterait mal actuellement à l'étal économique de ce pays. Si l'argent

i. V. i?ifra, chap. viii.

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disparaissait en ce moment, cédant la place à Tor, on verrait éclater une crise monétaire et surgir les difQcuUés les plus, graves qui sre soient encore produites. Telle aurait été précisément rissue des mesures que le gouvernement avait été sollicité de prendre à la fin de 1902. La baisse de l'argent ayant fait tomber le cours de la piastre au-dessous de 2 francs, on soutenait qu'il suffirait d'imiter l'exemple de l'Inde pour mettre enfin un terme à la dépréciation et aux fluctuations du change indochinois. On recommandait le pair de 2fr.50 c. comme base de la réforme. L'idée que le cours de l'argent en barres put remonter à 27 pence semblait alors optimiste à l'excès. Il a dépassé, en 1908, 30 pence. Si le plan de réforme avait été accepté, la piastre aurait disparu de l'Indo-Gliine, sa valeur métallique ayant depuis assez longtemps déjà dépassé 2 fr SO c. On voit qu'il n'est pas sans péril de chercher à mettre en mouvement et à diriger par des artifices législatifs les causes qui règlent la valeur des monnaies.

ARN.\r\é.

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