‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 193 sur 260 · Gold standard in international Irade, etc. 1901. p · texte numérisé non relu

Gold standard in international Irade, etc. 1901. p

monométallisme-argent et le bimétallisme indien, la Chine devra se donner un système monétaire*. Il n'existe pour ainsi <lire pas de monnaie d'argent chinoise : à peine quelques pièces frappées par diverses Monnaies provinciales. Ce métal est représenté dans la circulai ion soit par des lingots de formes et de poids divers^, de fonte privée, sur lesquels sont insculpés le nom du fondeur ainsi que le lieu de fabrication et dont le poids et le titre sont attestés par les mentions qu'y écrit à l'encre de Chine un évaluateur public', soit par des monnaies étrangères, piastres mexicaines, britanniques ou françaises. Lingots et piastres sont acceptés pour leur poids et leur titre, au cours du métal. L'unité qui sert à exprimer leur poids, appelée taêl par les étrangers et liang par les Ghinois,'varie d'une place à l'autre et parfois sur une même place d'après le lieu d'oii vient le marchand, ou d'après la place avec laquelle il fait affaire ou encore d'après la nature de la marchandise vendue ^ Le titre du taèl varie lui-même*. En combinant la série des poids et la série des titres, on arrive à un nombre extraordinaire de systèmes pour une môme place® et il y a en

1. Il n'y a pas d'autre monnaie émise par l'État que la sapèque. Encore la valeur n'en est-elle pas identique au Nord et au Sud. V. Bullelin de statistique du Mitiistère des finances, juillet 190o.

2. Ce sont les sabots {shoes) ; certains ont la forme de barques, d'autres de demi-calottes de sphère ou encore de tablettes; les poids varient de quelques grammes à plus de 1 1/âkg. Le musée de la Monnaie de Paris en possède une collection.

3. J. Edkins, Chinese Cun^ency, Shangaï, Presbyterian Mission Press, 4901, p. 51.

4. Les principaux taëls. du moins au point de vue des étrangers, sont : le taël Kouping ou du Trésor, en usage pour le recouvrement des impôts payables en argent, autres que ceux de douane : le tacl Haikwan ou de la douane ; le tacl Kueiping de Shanghaï (inférieur de 2 p. •/« eu taël poids de Shanghai, dit Tsaoping), base "du change international pour le commerce de la Chine septentrionale et du bassin du Yang-Tsé. Les chiffres qui expriment l'équivalence des tacts en grains ou en grammes varient suivant les sources. Ce sont des poids d'once ; par exemple, on indique pour le Kouping tantôt 37.188, tantôt 37.285 grammes de fin.

5. Le type pour le titre est l'argent aflîné ou sycee, transcription phonétique du mot chinois sai-ssU, soie pure. Le sycee est à 0.980. Le titre s'indique en centièmes de prime ou de perte par rapport au sycee.

6. On cite le cas de la ville de Chung-King dans le Sseu-Tchouen, où le nombre des systèmes résultant de la combinaison des diverses unités de poids et de titre n'est pas inférieur à une soixantaine. Bulletin de statistique et de législation comparée du Ministère des finances, juillet 1905. Cf.,

Chine plusieurs centaines de centres commerciaux usant de iaéls différents. Aucun rapport légal n'existe, bien entendu, entre le taél et la sapèque.

Avant tout, il faut ordonner ce chaos monétaire. La Chine s*y est engagée par ses traités avec les puissances, notamment vis-à-vis de TAngleterre et- des États-Unis par les traités du S septembre 1902 et du 8 octobre 1902. Mais l'absence de toute centralisation financière dans Tempire chinois rend l'entreprise difficile. On a vu le principe d'une réforme monétaire servir de prétexte , depuis 1903, à des frappes désordonnées de pièces de cuivre par les Monnaies des vice- rois, qui ont ainsi ajouté à la confusion monétaire et provoqué une baisse de 20 p. Vo dans la valeur dçs espèces. Un véritable progrès semble néanmoins près d'être réalisé. Le gouvernement de Pékin aurait récemment interdît le monnayage du cuivre par les ateliers des provinces et créé une monnaie centrale, établie à Tien-Tsin, avec succursale à Shangaï, placée sous le contrôle direct du Ministère des finances. Un décret impérial du 21 novembre 1905 aurait prescrit, d'autre part, l'émission d'une pièce d'argent destinée à remplacer les lingots et les piastres étrangères. Il y aurait des pièces de 1 taêl à cours légal illimité et des pièces de 1 demi-^aé7, 2 dixièmes et 1 dixième de taêl dont le cours serait limité à 10 taêls. On n'a pas encore d'indication précise sur le poids qui est assigné à ces pièces. La valeur du taêl en sapèques serait fixée ultérieurement. Le rapport entre le taèl et Tor continuerait de dépendre du cours des métaux précieux*.

En résumé la réforme mexicaine et la philippine constituent jusqu'à présent les deux seules tentatives achevées d'imitation de la réforme indienne. L'étude de Tune et de l'autre fournira d'ailleurs d'utiles enseignements.

dans XeRappoi't du directeur des monnaies au Ministre des finances, 1905, Notice sur les monnaies de la Chine et dépendances par M. J. Silvestre. V. aussi Gold standard in international trade, 1904.

1. Moniteur officiel du commerce, 8 février 1906. On dit que le taël choisi comme unité sera le taël Kouping^ c'est-à-dire le taël ayant une valeur ofQcielle uniforme ; mais on ne précise pas si ce sera Tancien taël Kouping, dont il est d'ailleurs dilficile de donner le poids exact en mesures européennes, ou un nouveau taël portant la même qualification.

§ 1<^'. — La réforme monétaire au Mexique.

L'unité monétaire iFaditionnelle du Mexique, le peso, communément appelé piastre, procède de la pièce de 8 réaux frappée pour la première fois sojis le règne de Ferdinand et Isabelle (1497-1504), sans doute àrimilation des Guldengroscheii, dont Tatelier de Hall venait de monnayer les premiers exemplaires (1484 à 1486) à l'effigie de Tarchiduc Sigismond, souverain du Tyrol,etqui allaient prendre bientôtlenomde/oac^ms//i(»/er5, des mines de Joachimsthal en Bohême, ou, par abréviation de thalers*. La pièce allemande était alors taillée à raison de 8 au marc. Elle pesait donc une once '. La pièce espagnole ne pesait pas tout à fait une once de Castille (28.76:» grammes). La pragmatique de Médina del Gampo (13 juin 1497) prescrivait de tailler 67 reaies au marc (236.123 grammes). Les piezas de a ocho reaies ou reaies de ocho, que cette ordonnance ne nommait pas d'ailleurs^, pesèrent donc 27.477 grammes.

Lorsque la 7'eal cedula de Charles-Quint et de sa mère

1. Ces pièces avaient été appelées Gitldengroschen, parce que leur valeur était égale à celle du Guldea ou floriu d'or. Enpel et Serrure, Traité de numismatique modenie et contemporaine. Paris, Ernest Leroux, 1897, t. L p. \2l.

2. Le marc se divise en 8 onces. Charles-Quint et Ferdinand I" tentèrent de restreindre puis de supprimer le monnayage du thaler par les États et de le remplacer par une monnaie d'Empire analogue, le Reichsqulden, dont le règlement du 19 août 1559 fixait, eu dernier lieu, la taille à 9 1/5 au marc (de Cologne) et le tilre à 14 loths 16 grains. En loGG, pour obtenir l'adhésion de la Saxe aux règlements monétaires de l'Empire, le Ihaler fut admis comme monnaie impériale. Le Heischthater (en néerlandais rîjksdaalder, en français rijfdaie), qui supplanta bientôt le Reichsgukien ou Gutdenthnler était à la taille de 8 au marc (de Cologne) et au tilre de 14 lolhs 4 grains. Les premiers thalers étaient â la taille de 8 au marc de Vienne, plus fort que celui de Cologne, et à 16 loths, c'est-à-dire â 1,0U0/1,00Û \Va\^q\ et Serrure, op. cit., p. 120 à 125. W. A. Shaw, The history of cnvrency, \-lhi to 189i, Wilsons and Milne, London. p. 3G0 â 367). Pour Ihistoire ultérieure du thalcr, voir les mômes ouvrages.

3. Il n'y est question que de réaux, demi-réaux, quarts et huitièmes de réal. Une praginali(iuo de Philippe 111 (IG^O) constate qu'au lieu de monnayer un tiers en réaux, un tiers en demi-réaux, un sixième eu quarts de réal et un sixième enhuitiènies de réal, selon les prescriptions de la pra,^mati(|ue de Médina del Campo, on frappait surtout des pièces de 4 et de 8 réaux. Elle ordonne de frapper un sixième en réaux, un sixième en demi-réaux, un tiers en deux réaux, un tiers en quatre réaux (Àloiss Ileiss, Descripcion rjpneral de las rnonedas hispano-crislianas desde la invasion de los Arabes, Âladrid, Milagio, 1805, t. l,p. 323, 324 et 32b>).

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