V. infra. II» parti», chap. vu
138 DBS CAUSES DE LA VALEUR DE$ tfOimATBS.
pesait 10 grammes; il vaudrait 0 fr. 03, Ofr. 04, si le change de la piastre se relevait à 3 ou à 4 francs.
On voit que la valeurvies monnaies secondaires est puremen représentative; elle n'est qa*un reflet de la valeur des monnaies-étalon. Aussi dit-on de celles-ci qu'elles sont le gage de la valeur des monnaies secondaires. Pour prendre encore un exemple, la circulation d'or de la France garantit le pair de ses pièces d'argent. Supposons, hypothèse invraisemblable, car elle impliquerait un renversement complet de notre bilan commercial et financier, que toutes nos réserves de métal jaune se soient écoulées au dehors. Nos écus, n'étant plus soutenus par l'or, perdraient une notable partie de leur pouvoir d achat.
Recherchons quelle pourrait être l'importance de cette diminution de valeur; nous en ferons apparaître les causes. Deux hypothèses doivent être envisagées. On peut imaginer d'abord que, l'or disparaissant de la circulation, les écus passeraient au rang de monnaie principale. Leur valeur tendrait à descendre, en ce cas, au niveau de celle de leur poids d'argent; il est probable, néanmoins, que le crédit du gouvernement leur assurerait un pouvoir d'achat moins réduit. Dans une seconde hypothèse, les écus resteraient au rang de monnaie secondaire, le rôle de monnaie principale étant pris par les billets de banque. Nos grosses pièces d'argent représenteraient alors la monnaie de papier comme aujourd'hui elles représentent la monnaie d'or ; elles auraient une valeur tlduciaire, soutenue par le crédit de la Banque de France, qui, sans atteindre probablement le pair de l'or, serait supérieure à leur valeur métallique. C'est ce qui est arrivé pour l'ancien florin d'Autriche avant 1891 et pour le rouble avant 1897. liégalement l'unité monétaire de la lUissio était le rouble d'argent, celle de rAutriche-Hongrie le florin d'argent. En fait, la monnaie principale de ces deux pays consistait en billets à cours forcé. La valeur du rouble d'argent et du florin d argent, devenus monnaies secondaires, était purement représentative de celle du rouble-crédit et du florinpapier*. On s'explique de la même manière que la valeur de la peseta espagnole soit supérieure au prix de son poids d'argent.