JE TE RÊVE, CASQUEE
Je te rêve, casquée avec des cheveux bleus, Devant l'adolescent étrange agenouillée Comme devant un christ fardé, silencieux, Dont tu baises le corps de ta bouche souillée.
Un reflet de chasuble erre dans les rideaux, La nappe de l'autel est faite des draps vierges. Le soir, en clignotant, jaune sur les carreaux, T'éclaire nue ainsi qu'un invisible cierge...
Les prières, les fleurs, les rites et le soir Font du tendre boudoir une chapelle infâme. Il semble qu'un parfum fauve de chair de femme S'élève quelque part d'un obscur encensoir.