LE PAGE AUX GANTS MAUVES
On a crucifié le page au maillot noir
Qui chanta les couplets défendus, au boudoir,
Le beau page insolent aux cheveux bleus et fauves.
On a planté les clous à travers ses gants mauves,
Et remis sur son front la toque au plumet long.
Il entend ricaner son ami, le félon
Qui l'a dénoncé, puis c'est l'abbé qui l'exhorte.
Le maître satisfait passe avec son escorte,
Oublieux qu'une fois le souper finissant
Il conduisit, l'ayant grisé, l'adolescent
Vers sa chambre secrète en velours de Byzance.
Des femmes, à la nuit, viennent mettre en silence
Des fleurs devant sa croix, car elles ont aimé
Le jeune homme et dormi dans ses bras parfumés.