‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 69 sur 138 · LA SILENCIEUSE · texte numérisé non relu

LA SILENCIEUSE

Toutes quatre parlaient et riaient clans la cliambre.

Les cheveux dénoués de Tune sentaient l'ambre

Et sa cheville avait un anneau de corail.

Elle tendait vers moi l'aile d'un éventail

Et me disait : « Pourquoi gardez-vous le silence? »

La seconde vibrait d'un souvenir de danse.

Elle se renversait et s'offrait comme un don

Et s'arrêtait pour dire : w A quoi pensez-vous donc? »

La troisième sortait d'une robe lamée,

Et son épaule, ainsi qu'une pêche enflammée.

Surmontait d'un feu bleu la naissance du dos

Et son rire d'enfant jaillissait en jet d'eau.

Puis elle me disait : « Qu'avez vous? » La dernière,

Sans bouger, de son corps, absorbait la lumière.

i58 LA CHAMBUE AUX RIDEAUX VIOLETS.

Prenait tout le bonheur disponible entre nous. Elle agitait parfois le rayon d'un bijou Comme un phare gelé sur une mer sans île. Elle était près de moi et très loin, immobile. Son jeune front courbait son beau bras accoudé : Elle me regardait, mais n'a rien demandé...

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