PLUS VILES PROSTITUÉES
» C'est ainsi qu'un fils roi traite son père qui avait été « roi ; un père qni s'était occupé avec ardeur , avec » amour de l'éducation de ce fils ; qni , dans toutes les » occasions , l'avait présenté au peuple et à l'armée , et » l'avait , lui vivant , fait héritier de sa couronne ! ,
43o LA MOBALE
» Au rccit du cet tfvtnemeDt , la France entière parut » demander la guerre pour la délivraoce du grand-père » de Louis XV. Le gouTemement fut sourd k ce Tœo. >» Louis avait étë moins ému que ses sujets de cette ca- » tastropbe. » ( Lachetclli, tome II , page ii6 , 117 et 118.)
Les mœars mêmes des courtisans sont moins dépravées ( page 385 )•
M Mademoiselle Lange vivait avec un des hommes 'es plus corrompus de la capitale , le comte Dubarry. On le désignait par cet infâme titre de roué , que le régent avait imaginé pour ses compagnons de débauche. Sa dernière ressource était de tenir une maison de jeu; pour en augmenter la célébrité y il y produisait mademoiselle Lange , dont la beauté avait le plus grand éclat malgré une prostitution précoce. Le valet de chambre à qui le roi avait long-tems confié la direction d*tin harem trop peu clandestin , communiqua au comte Dubarry l'embarras où il était de satisfaire un maître que Page et la satiété rendaient difficile sur ses plaisirs. Dubarry vit dans cette confidence le présage de la plus haute fortune ; il vanta les charmes de mademoiseilc Lange. Le valet de chambre fut enchanté en la voyant , et quoique sa mission lui prescrivit plus de réserve dans ses choix, il hasarda celui-ci pour vaincre la langueur du monarque. Mai» lui-même fut étonné et en quelque sorte confus de Tivresse que le roi montra en sortant des
bras, d'une femme qui n'empruntait rien de la pudeur pour eml>ellir la volupté. Louis n'est contenu dans l'avilissante fureur dé son nouveau goût ni par leè conjcC' tures qu'il doit former, ni par les révélations qu'on lui fait. Il produit sa honteuse extase à tous ses familiers : aucun d'eux ne peut cependant croire à la durée de ce caprice ; et les plus complaisans n'osent encore feindre du respect pour une femme long-tems exposée au nié*" pris. Le maréchal de Richelieu seul montre pour elle une admiration sans réserve , et paraît convaincu que nul genre d'honneur n'est au dessus de tant de charmes. Bientôt la nouvelle favorite change de nom : un pacte infâme lui a donné le titre de comtesse Dubarry ; le frère de celui dont elle a été la maîtresse n'a point rougi de l'épouser. Il est un .pas que Louis hésite à franchir; la nouvelle comtesse n'a pas encore eu les honneurs de la présentation. Les constitutions du royaume , l'étal de l'église y la balance de l'Europe , tiennent ii cet événement ; on le regarde comme le signal d'un nouveau système d'administration et de politique. Les dames de la cour, même celles dont le public avait souvent divulgué les fautes, ne pouvaient supporter Tidée d^ètre confondues avec une femme vouée dès sa Jeunesse à l'upprobre de la plus basse prostitution. Le roi paraissait effrayé des obstacles d'une présentation. Le maréchal de Richelieu vint lever ses scrupules ; il lui représenta que le moment était venu d'opposer une fermeté inflexible à cette espèce de recolle , à cette coupable résistance ; qu'une fidélité qui se permettait tant de restrictions était suspecte, et çue ce sérail cesser délre roi que de ne poinl faire respecter ses penclians à ses minisires el à sa cour. Madame
432 LA MORALE , etC.
Dubarry fut prcsenlée ; le roi loi accorda les konneurs et toute la puHsance dont la marquise de Pompadour avait joui si loog-tems, et dès lors chacun affecta de B*avoir plus qa*uii seo liment , celui de radmiration. Le cbaBoelier Maupeou imagina le premier de se supposer des titres d*alliance et de parenté arec les Dubarry , et arec le tems ils trouvèrent une foule de parensàla cour.» ( Lac&etbixb, Hisi, dm dix-haitihme siècU^ tome IV, delà page aaa à la page aSi.)