‹ La morale de Kant, étude critiqueChapitre 16 sur 102 · Ibicl. (Picavet, p · texte numérisé non relu

Ibicl. (Picavet, p

ne pouvons nous empêcher de reconnaître qu'il a quelque valeur. Tous, nous jugeons le Bien plus grand, où la vertu trouve sa récompense, qu'où elle dépérit dans la souffrance et la misère. Cela est si vrai que notre conscience se révolte à l'idée de la vertu punie et du vice récompensé. De toute la force de notre cœur, nous souhaitons que la bonne action morale trouve nécessairement dans la satisfaction sensible la récompense de sa conduite ; preuve frappante de ce fait que nous ne séparons pas, dans l'idée du Souverain Bien, la notion du bonheur et celle de la vertu.

Or, quand nous nous sommes fait ainsi l'idée du Souverain Bien en réfléchissant à l'état que l'obéissance complète au devoir ne manquerait pas de produire, il naît, en nous, à la fois, un besoin naturel et un besoin moral qui nous portent à croire qu'il sera. Nous avons une propension très forte à penser que le bonheur couronnera la vertu; et nous trouvons, d'autre part, en nous, un ordre, une obligation de faire effort pour atteindre à ce Souverain Bien> C'est un désir de notre cœur de croire qu'à ceux qui auront fait ce qu'ils devaient, sans espérer de récompense, une récompense sera réservée. La Loi morale, d'un autre côté, Kant le dit textuellement, « nous commande, de travailler autant que possible à réaliser le Souverain Bien 1 ». Sous la poussée de son désir, l'homme se laisse, par suite, aller à l'espoir, chimérique, peut-être, qu'un jour le Souverain Bien existera pour lui s'il a constamment voulu et fait ce qui est moralement bien. Espoir que confirme la conscience de la Loi morale. Car, si c'est un devoir de travailler à réaliser le Souverain Bien, c'est donc qu'il est possible et que ce qui est nécessaire à sa possibilité est réel. Comment éviter de le penser? Si je dois, je puis. Si je dois produire le bien parfait, c'est donc que ce bien

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