‹ La morale de Kant, étude critiqueChapitre 35 sur 102 · Doctrine de la Vertu (Barni, p. 69 sqq · texte numérisé non relu

Doctrine de la Vertu (Barni, p. 69 sqq

LA. MATIÈRE DE LA VIE MORALE

place-t-on, au contraire, au point de vue subjectif? On découvre une nouvelle di vision des devoirs de l'homme envers lui-même. Les uns concernent, en effet, l'être humain considéré comme animal, comme existence à la fois physique et morale. Les autres, au contraire, regardent seulement l'homme comme être raisonnable et moral. De là, le plan que Kant compte suivre dans la déduction de ces devoirs : chercher successivement quels sont les devoirs restrictifs et positifs de l'homme envers lui-même, et, dans chaque classe, examiner ceux qui se rapportent à l'homme conçu comme animal et comme être moral1.

Quels sont, d'abord, les devoirs restrictifs de l'homme envers lui-même ?

Considéré, en premier lieu, comme animal, l'homme a trois devoirs essentiels. Ne pas se tuer ; ne pas détruire ses forces par l'abus des facultés sexuelles; ne pas s'abrutir par l'usage immodéré de la nourriture et de la boisson. — Le suicide est contraire au devoir. Se tuer, c'est, en effet, anéantir dans sa propre personne le sujet même de la moralité . C'est donc disposer de soi pour une fin arbitraire, alors que le devoir en impose une toute différente. — Se livrer aux jouissances sexuelles hors du mariage ou contre nature est également une faute morale. C'est, en effet, faire de soi un simple instrument de plaisir, un moyen et non une fin. Et cette faute n'a même pas la grandeur du suicide. Car il faut quelque force d'âme pour renoncer à la vie, tandis que le débauché se livre tout entier à son penchant animal et devient par là, pour lui-même et pour les autres, un légitime objet de dégoût. — Enfin celui qui, par un ridicule abus des jouissances de la table, altère sa raison et se rend momentanément ou pour toujours incapable de penser*

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