‹ La morale de l'évangile comparée aux divers systèmes de moraleChapitre 6 sur 6 · III. — Réparation · texte numérisé non relu

III. — Réparation

1° Réparation de la justice par l'expiation, donc par l'immolation du coupable. — Sacrifice de la fausse existence dans la volonté, l'esprit et le corps.

2o Par l'amour de Dieu par-dessus tout — réintégration dans la vie divine.

Or l'homme déchu ne pouvait ni l'un ni l'autre par les forces de sa volonté perveilie et de son intelligence obscurcie.

Donc nécessité d'un Réparateur pour la réconciliation.

Devant réunir les deux extrêmes comme moyen terme, il devait participer à la nature des deux.

Donc convenance de VHom7ne-Dieu, comme médiateur; et de plus, il devait être homme pour immoler l'homme volontairement, et le restituer à Dieu.

Donc toute la réparation et la réhabilitation de l'homme est dans {q sacrifice de l'homme par Jésus -Christ, et de chaque homme en Jésus-Christ.

Donc toute la morale chrétienne est dans l'adhésion à Jésus- Christ, dans l'imitation de Jésus-Christ.

Adhésion de l'esprit et de la volonté par la/o^.

Adhésion du désir par Y espérance.

Imitation par la charité.

Deux parties dans la charité :

La justice et le dévouement.

La justice chrétienne, pratiquée en vue de Dieu, et non plus seulement des hommes. — Préceptes.

Le dévouement ou la plénitude de l'amour, qui aime comme Dieu aime, jusqu'au sacrifice. — Plénitude de la loi, — Conseils.

La morale chrétienne est donc adéquate à l'idée de la morale. V Elle restreint l'égoïsme par la justice négative ; 2° Elle accomplit pleinement la justice positive;

3" Elle enseigne à l'homme à dévouer tonte sa personne à la réalisation dn ijicn, à se faire libremciit l'instrinnent du sonverain bien on de la volonté divine par l'amour.

Reste à voir comment elle accomplit les conditions de la vraie morale.

La morale chrétienne accomplit pleinement les quatre conditions de la vraie morale.

Elle fait connaître à l'homme ce qui est juste ou injuste, le bien et le mal, et par conséquent tous ses devoirs :

V Par les commandements de la loi ancienne ou le Décalogue ;

2° Par les préceptes et les conseils de la loi nouvelle ou l'Évangile;

3° Par les commandements et la discipline générale de l'ÉgUse, dont l'autorité est toujours présente pour la faire observer ;

4^ Par la direction et la discipline particulière, que chacun trouve dans l'Église quand il le veut.

Outre tous les motifs naturels de vouloir la justice et le bien, qu'elle approuve et emploie, la morale chrétienne y excite encore la volonté :

1° Par la foi en un juge suprême , auquel rien n'échappe. — Crainte de Dieu et de ses jugements ;

2o Par la confiance aux promesses divines , qui sont infaillibles. — Espérance chrétienne de la récompense future et des biens éternels;

3° Par l'amour de Dieu par-dessus tout. — Crainte amoureuse de lui déplaire. — Vif désir de s'unir à l'objet de son amour par la conformité à la volonté divine.

IIÏ

La morale ne donne pas seulement le motif le plus efficace et le plus universel pour vouloir le bien, elle fournit encore la force pour le faire :

1° Par l'exemple de Jésus-Christ et des saints;

2« Par l'exhortation la plus ardente, la plus persévérante et la plus multipliée;

4° Par la communication de la vertu même de Dieu ou de la grâce, qui peut tout en celui qu'elle fortifie, et qui s'obtient par la bonne volonté, au moyen de la prière, des bonnes œuvres et des sacrements.

La doctrine chrétienne est plus populaire qu'aucune autre; elle se fait toute à tous pour les sauver tous ; elle a des enseignements, des remèdes et des consolations pour tous les hommes de toutes les conditions et dans toutes les situations.

Elle offre aux savants et aux esprits les plus forts la science la plus profonde, la métaphysique la plus ardue, la plus haute philosophie.

Elle enseigne aux ignorants et aux esprits les plus faibles la même science, la même métaphysique, la même philosophie, dans un petit livre , qu'on appelle le Catéchisme, qui est à la portée de tous, et qui apprend à tous, dès l'âge le plus tendre, tout ce qu'ils ont besoin de croire, de savoir et de pratiquer pour acquérir la vertu et le bonheur.

Elle est, en outre, le seul éclectisme véritable; car, possédant la parole de Dieu, qui est le principe et la mesure de toute vérité, elle discerne sûrement et adopte tout ce que les doctrines humaines contiennent de vrai et de bien :

Dans les doctrines du sentiment, le sens moral, le goût du beau moral, la sympathie et l'humanité;

La prudence du juste milieu dans les affaires humaines ;

Ce qu'il y a de noble et d'élevé dans le stoïcisme ;

La voix impérative de la conscience dans le kantisme.

Les belles théories platoniciennes des idées, de \dL purification, de Vexpiation.

Ramenant toutes ces parcelles de la vérité au foyer divin qui est en elle, à la parole éternelle, qui en est le principe et le complément, elle les y absorbe après les avoir épurées, et alors elle enseigne et dirige le genre humain avec toutes les lumières réunies du ciel' et de la terre.

Conclusion :

Donc la morale chrétienne réalise l'idée ou l'idéal de la morale parfaite, et en accomplit toutes les conditions.

Et comme en outre elle discerne et s'assimile admirablement tout ce qu'il y a de vrai et de bien dans les autres doctrines, elle doit être proclamée la morale universelle : ce que nous avions . à démontrer.

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