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toujours sa rccoiupensc », ce si vous êtes bon, on sera bon pour vous », « aimez et l'on vous aimera » , ce sont U\, avec bien d'autres, des lieux comuiuns de l'éducation. Les affirmations et les préceptes de ce genre encombrent le cerveau des éducateurs et des enfants. On leur présente ainsi comme réel un monde idéal, souvent assez puéril, et passablement contradictoire. Des livres ont été écrits, des traités composés pour célébrer les merveilleuses harmonies de ce monde. Des récits fictifs, des manières de romans édifiants ont servi de preuve à la logique, peu rigoureuse, des sentiments. En somme les exagérations de l'école libérale en économie politique ne sont qu'une application spéciale de la même méthode.
Et l'anarchisme ne fait guère qu'appliquer autrement, avec une logique plus dure et un abandon plus marqué de quelques croyances traditionnelles une conception analogue. Lui aussi admet l'harmonie naturelle, et qu'elle va se réaliser, pourvu seulement qu'on ne l'entrave pas par des règlements, des lois, de la contrainte. Au reste, on retrouve dans toutes les théories qui supposent la bonté native et originelle de Thomme, c'est-à-dire, qu'on le veuille ou non, l'harmonie naturelle des individus et l'adaptation spontanée de l'homme à la vie collective, c'est-à-dire encore 1' « unité », 1' « unanimité » (au sens étymologique) des hommes, un bizarre retour de l'esprit social vers l'instinct individualiste sur lequel j'insisterai car il est significatif et curieux. Paumian. — Ironie. 2.
L'esprit social ruse, en effet. Il s"cfface en quelque sorte devant les instincts égoïstes pour reprendre ensuite le pouvoir, une foisTindividu persuadé qu'on va désormais bien s'entendre. Il n'y a qu'à laisser faire l'homme, et la société s'organisera pour le mieux. Voilà le sentiment personnel satisfait. L'individu et la société bien comprise seront d'accord. Donc il faut réformer ou dissoudre la société existante où les conflits pullulent, et faire surgir, subitement ou peu à peu, une autre société. Mais si l'individu et la société sont, par nature, en harmonie, ceux qui troublent le nouvel ordre social ou qui retardent sa venue s'opposent par là à la libre action de l'individu. 11 faut donc les punir, du moins les empêcher de nuire. Et là-dessus, un nouveau despotisme social, très dur, très absolu, va se foncier. L'idée de liberté complète est un excellent point de départ pour arriver à une réglementation insupportable destinée en principe à sauvegarder cette liberté. Il n'existe aucun moyen d'assurer la liberté de quelqu'un sinon de réprimer la liberté des autres. Ma liberté d'aller tranquillement le soir dans la rue ne vaut que par la répression de la liberté de ceux qui seraient tentés de fouiller mes poches. Et je ne puis jouir librement d'aucun bien si les autres ont la liberté de me le ravir. Pour que la liberté put être généralisée, pour qu'elle n'impliquât pas forcément, comme l'envers suppose l'endroit, une gêne et une suppression
de la liberté même, il faudrait que les désirs de chaque homme puissent être satisfaits en même temps que ceux de tous les hommes. Mais s'il en était ainsi, il serait bien inutile de faire des théories sur la liberté, sur l'anarchie, sur l'harmonie des intérêts, il serait beaucoup plus simple et bien préférable de pratiquer tout cela, et l'on ferait ainsi. Mais nous n'en sommes pas là! Et jusque-là, le mot de liberté ne peut avoir aucun autre sens que celui de « liberté du bien », de ce que l'on considère comme le bien, impliquant forcément la répression de ce que l'on considère comme le mal, ou encore le mot de liberté ne prendra de valeur que par rapport à l'état constitué, c'est-à-dire qu'il signifierait le droit pour chacun de faire respecter sa liberté par l'Etat, mais non par les autres individus.
Sans doute rien n'est plus contraire aux désirs de quelques vrais révolutionnaires que l'issue logique de leurs efforts. Mais ils y sont conduits, eux ou leurs successeurs, par la force des événements. Et je ne veux point condamner absolument par là l'esprit révolutionnaire. Je le crois nécessaire parfois et bienfaisant, mais pas à la façon dont l'entendent ceux qu'il pousse. L'instinct individualiste, d'ailleurs, ne se laisse pas opprimer sans protestation. Trompé et surpris, il riposte par des contre-manœuvres. Mais les choses sont fort compliquées, impossibles à prévoir et à diriger à notre gré. Si les révolutionnaires veulent