II.Œgidius, remarquant que sa sœur est enceinte de
Caiosy son amant, entre en fureur, la frappe gravement et la fait ainsi avorter. Se repentant de son action, il avoue qu'il a frappé gravement sa sœur; mais il ne dit pas qu'elle était enceinte, ni qu'il l'a fait avorter, pour ne pas révéler ce crime à son confesseur dont il est parfaitement connu, ainsi que toute sa famille.
D. l'8. Doit-on s'accuser d'un péché qu'on né peut dédarer sans déclarer le complice ?
D. 2*. Peut-on déclarer le péché au confesseur qui connaît le complice, si Ton peut avoir un autre confesseur?
D. 3®. Y a-t-il obligation de déclarer un péché mortel Attit on ne peut s'accuser sans déshonorer un autre, qui a été l'objet ou l'occasion du péché ?
D. 4*. Que faut-il faire dans les deux cas?
R, à la 1'* D. Oui, c'est l'opinion plus commune et plus probable, parce qu'il n'y a pas de raison légitime ^i nous dispense d'avouer un péché. Car le préjudice Çïi résulte de la dénonciation du complice est inhé- ^^nt à la confession elle-même. Autrement, dans beau- ^up d'endroits, où tous les fidèles sont connus des ^rés et de leurs vicaires, la confession ne serait PJ^esque plus en vigueur, car les parents, les fils, les *Poux, seraient dispensés la plupart du tenips de déclarer leurs péchés, ce qui est absurde.
D'autres cependant, assez nombreux, le nient, d'après ^He opinion probable.
II. à /a 2*2). ^ Non, si l'on peut trouver facilement ^n autre prêtre ; mais on trouve même facilement des wiotifs de dispense. En outre, en mettant de côte ces Motifs de dispense, d'une manière générale le péché
392 LÀ MORÂÏiE DES JÉSUITES.
ne serait pas grave, si l'on conservait le confesseur ordinaire.
R. à laV D. Oui, ce qui résulte de la réponse à la 1" question, car la raison tirée de Vinîégrtté A^h confession n'exige pas moins qu'on dénonce celui qui n'est pas complice que celui qui est complice, quand autrement il ne peut y avoir intégrité.
jR. àla 4^ Z). Dans le l^'' cas, Bertoldus est tenu de dire qu'il a commis l'inceste sur une parente au pemier degré en ligne collatérale, ou plus brièvement sur sa sœur, ce qui résulte do la réponse à la 1'^ question. Cependant, selon S. Lig., on donnerait satisfaction en ' disant : a J'ai péché avec une parente ». Cette opinion n'est pas du tout la mienne; mais, puisqu'elle est. d'oQ si grand docteur, je ne puis la condamner.
Dans le 2^ cas, que vous semblc-t-il d'Œgidius?La chose est délicate. D'un côté, il ne paraît pas qu'il ait pu déclarer son péché sans déclarer les circonstances indiquées. Cependant, selon beaucoup, il «pourrait se confesser séparément des deux péchés, d'avoir frappé sa sœur et d'avoir fait avorter une femme. Ne dites pas qu'il omettrait ainsi la circonstance spéciale de la parenté, quant au meurtre du fœtus ; car, d'une manière probable, le mauvais traitement des parents ne produit pas une nouvelle espèce de péché, à moins qu'il ne s'agisse des parents en ligne directe au premier et au second degré. Or, l'enfant tué, le fils de la sœur, est parent au troisième degré en ligne collatérale : donc, par rapport à lui, Œgidius n'a pas violé d'une manière spéciale la vertu de piété.
Donc, si, au lieu de sa sœur, Œgidius eût frappé sa mère veuve, enceinte criminellement, il ne pourrait 9^ tirer de ces difficultés, et devrait déclarer toutes le& circonstances indiquées.
s'arrête dans un hôtel et tombe sur un hérétique mourant, sans connaissance et déjà à l'agonie. Il ignore si c'est un hérétique en pratique (materialis)y ou par principe (formalis), s'il a, oui ou non, l'usage de la raison. Que l'aire? D'abord il est dans le plus grand embarras; mais comme il y a danger à attendre, bientêl présumant et acceptant son acte de contrition et soil désir de se confesser, il l'absout sous condition.
D. A-t-il bien agi ?
R. Il faut louer Olivier d'avoir songé au salut de Thérétique autant qu'il le pouvait. Il n'avait pas la certitude que c'était un hérétique par principe et pouvait avoir un espoir, quoique très faible, de lui donner une absolution valable.
CAS XXII
Absolution d'un hérétique mourant
Césarin , hérétique , homme de bonnes mœurs » et qui paraissait être seulement en erreur matériellcj atteint d'une maladie très dangereuse, se trouve à la dernière extrémité, sans avoir perdu l'usage de la raison. A cette nouvelle, Sylvien, prêtre de la paroisse, se rend aussitôt vers lui pour aviser à son salut étemeli et lui parle de cette manière : « Dites-moi, mon ami, ne restez-vous pas dans la religion luthérienne seulement parce que vous la regardez comme la vraie religion? Ne l'abandonneriez-vous pas aussitôt, si vous la regardiez comme mauvaise ? Ne vous confessez-vous pas à Dieu d'avoir péché, et voulez-vous vous confesser à un homme qui pourrait vous donner l'absolution ? Ne vous confesseriez-vous pas à moi, si vous saviez que c'est
R. Un acte de foi ne peut être supposé dans un hérétique par principe, mais il peut l'être dans un hérétique en pratique. La raison en est qu'un hérétique en pratique appartient à Tâme de TÉglise, tout en, étant séparé du corps * ; il peut donc faire des actes d'espérance, de charité et de contrition, fondés sur cet acte de foi.
1. Cette redoutable doctrine, qui a fait allumer tant de bûchers, lu bon temps, est exposée par MçbroUe aux petits enfants dans les termes suivants :
a D. Les hérétiques sont-ils soumis aux lois de TËglise?
« R, Les hérétiques, quoique rebelles à l'Église, demeurent son autorité, et sont par conséquent obligés d'obsenrer ses lois, qu'ellene les en exempte. » {PeUt catéchisme,)
m DE CONSCIENCE SUR LES CAS RÉSERVÉS
CAS II
Sujet de la réserve
idurien, voyageant hors de son diocèse, se confesse prêtre Justin d'un péché d'inceste commis sur sa sine au second degré. Aussitôt Justin Favertit que péché est réservé, et qu'il ne peut lui donner Tabsoon pour les péchés réservés. Laurien répond en nme qui n'ignore pas les affaires religieuses, que ce hé n'est pas réservé dans son diocèse, comme il le . bien. « Mais, répond le prêtre, il est réservé ici où ;S en faites la confession. — Qu'est-ce que cela peut faire? dit le pénitent: je n'ai pas péché ici, mais eurs; je n'ai donc pas /;ommis un péché réseryé. — B2, mon ami, allez vou? confesser où vous avez péehé, le puis vous donner Tabsolulion. »
CAS XIV
Absolution d'un complice
Xe prêtre Titien, profitant d'une occasion pour ^re sa lubricité, a commis avec Anna un grave - contre le sixième commandement du Décalogue. ^t les deux coupables se repentent de leur faute, il n'y avait pas là d'autre prêtre, Titien va dans pays pour se confesser. Mais Anna, retenue par
quelque maladie, ne peut aller trouver un autre prètre« Accablée de tristesse, elle supplie Titien de recevoir SJ confession. Celui-ci, perplexe, hésite d'abord; d'un côté» il est retenu par la loi de l'Église qui lui défend d^ donner l'absolution à un complice; d'un autre, il von* drait venir en aide à cette malheureuse femme, qui court le risque de manquer longtemps de confesseur. Enfin, saisi de compassion, il entend la confession d'Anna et lui donne l'absolution, persuadé qu'il n'est pas tenu par la défense de l'Église dans ce cas difficile.
n. Le prêtre Callixte commet un péché honteux avec Julie, reçoit la'confession de sa complice, mais lui refuse l'absolution. Dans la suite, il ne sait s'il a encouru Texcommunication.
CAS XV
Absolution d'un complice
Hermodore, curé, donne l'absolution à Rosalie, su complice, qui est sur le point de mourir, poussé par les raisons que voici : 1*^ il a le droit de donner l'absolution pour les péchés réservés ; 2** à Tarticle de I^ mort, toute réserve cesse ; 3° il n'y a pas d'autre prêtre qu'un jeune vicaire qui serait assurément fort scandalisé, ou encore un nouveau prêtre qui n'a pas encore reçu l'ordination, et qui exciterait Tétonnement du peuple s'il entendait la confession de Rosalie.
CAS XVI
Absolation d an complice
Le prêtre Dydime, habillé en laïque, rencontre pen-