‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 202 sur 270 · CAS SUR LES EMPÊCHEMENTS AU MARIAGE · texte numérisé non relu

CAS SUR LES EMPÊCHEMENTS AU MARIAGE

mettre à une créature humaine, ce qu'il avait déjà consacré à Dieu par un vœu.

jR. à la 2®Z). Le mariage parait sans valeur. Si Léonard, contraint par les menaces, n'a donné qu'un consentement fictif en simulant la célébration du mariage, celui-ci n'a aucune valeur, c'est clair. Or, en Tabsence de consentement, il ne peut exister de contrat. S'il a donné un vrai consentement, le mariage est encore sans valeur, comme contracté par suite d'une crainte violente, car la crainte inspirée par les frères de Véronique pour pousser Léonard au mariage, a été grave et injuste, du moins comme mode de réparation. 11 on serait autrement si les frères de la jeune fille eussent fait des menaces à Léonard, non pas en vue du mariage, mais pour venger leur honneur, et si Léonard eût consenti sérieusement au mariage pour les calmer. Alors la crainte ne serait plus injuste, c^est-àdire ayant pour but de pousser au mariage.

CAS XXXIII

mariagfes des hérétiques

Tarsille, hérétique, mariée avec Drusille, aussi hérétique, dans un lieu où est en vigueur la loi du Concile le Trente, est frappée de la grâce divine, et embrasse [a vraie foi, malgré son mari qui reste dans son erreur, inxieuse^ elle va trouver Bernard confesseur, et lui lemande ce qu'elle doit faire : a Tu dois quitter ton nari à cause de ton salut et parce que ton mariage est nvalidé, lui répond-il. Tu peux aussi te marier à un mire. »

D. Tarsille pourrait-elle continuer à vivre maritalement ivec Drusille?

R. En principe, on doit admettre la réponse du confesseur

CAS XXXIV

Anfiistaiice du curé

I. Sabin, malgré ses parents, a promis le mariage à Sabine. Le curé, mandé par eux pour le mariage, et en même temps prié par le père de Sabin de ne pas leur prêter son assistance, refuse d'intervenir tant que le père s'y opposera. Mais pendant que le curé célèbre la messe et se tourne vers le peuple, les fiancés se présentent devant l'aulelavec des témoins, et déclarent qu'ils se prennent l'un l'autre pour époux. Puis ils se retirent et vivent comme deux époux.

IL Gétule ayant fait des promesses à Clara, l'abandonne pour épouser Blandine. A cette nouvelle, le curé Abundius refuse de prêter son concours. Que feront Gétule et Blandine? Ils prient un de leurs amis d'inviter le curé à dîner, avec deux amis qui serviront de témoins. Pendant le repas, Gétule et Blandine se présentent, et déclarent devant tous, à voix haute et intelligible, qu'ils contractent mariage sur le champ. Le curé, stupéfait, s'écrie qu'il ne songeait pas à assister à un mariage, et qu'on n'accomplit pas les cérémonies sacrées au milieu d'un repas. Sur son refus, les fiancés se retirent et vivent comme de vrais époux.

D. Ces mariages sont-ils valables?

R. Dans le premier cas le mariage est valable. Car il suffit que le curé ait remarqué que les fiancés voulaient contracter mariage en sa présence, et ait compris que le consentement était réciproque.

Dans le second cas, il est aussi valable ; parce qu'il est évident, d'après les circonstances, que le curé a

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