‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 207 sur 270 · CAS SUR LES DISPENSES DU MARIAGE · texte numérisé non relu

CAS SUR LES DISPENSES DU MARIAGE

c'était un empêchement à ce mariage, mais n'osa jamais Tavouer. Enfin, tourmentée par sa conscience, elle fait une confession générale et avoue toute Taffaire. De lày grand embarras du confesseur; Cornclie ne voudrait pas que sa fille eût connaissance de ses anciennes relations. Si le confesseur pouvait obtenir une dispense secrète, comment faudrait-il l'appliquer à l'un des deux époux, ou à tous les deux ?

CAS XII

Revalidation du mariage

Ranulfe etTarsile ont conclu un mariage clandestin, c'est-à-dire seulement civil, et sont restés de longues années dans cette situation déplorable. Enfm, ensuivant des exercices spirituels dans sa paroisse, Tarsile, vivement frappée par un sermon sur le jugement de Dieu, revient à de meilleurs sentiments, et désire vivement recevoir la bénédiction nuptiale.

Mais Ranulfe quoique instamment pressé par son épouse, refuse d'aller à Téglise, où il n'a pas mis les pieds depuis vingt ans. Le curé va trouver notre homme avec deux missionnaires pour l'engager à changer de résolution, mais en vain : « Laissez-moi tranquille, répond-il, je suis marié suffisamment ! je vis content avec mon épouse et ne désire rien de plus. » Ayant reçu cette réponse malheureuse, le curé se retire avec ses compagnons.

D. Que penser de la conduite du curé et qu'aurait-il dû faire?

R. Il fallait engager Ranulfe à renouveler son consentement en présence du curé et des deux mission^

naircs, témoins de la chose, ce qui eût pu facilement être obtenu, comme il résulte de ces paroles : « Je râ content avec mon épouse. » Pourquoi n'y ont-ils pas pensé ? Us ont manqué de perspicacité. Mais si Banulfe avait refusé de renouveler son consentement ? Il aurait fallu rengager à le faire ailleurs par procuration, ou à recourir à une dispense.

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