‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 71 sur 270 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De la fl^nerre

407. — La guerre est la lutte d'une multitude d'hommes contre une multitude étrangère pour défendre ou venger l'État

1. ce II est défendu, sous peine de péché très grave, aux chirurgiens et aux sages femmes de faire mourir un enfant dans le sein de sa mère, afin de délivrer celle-ci d'un mal qui, sans cela, est mévitablb >. [Marotte).

2. a De toutes les espèces d'homicides le duel est le plus criminel ». [Marotte),

L'horreur du duel allait chez les jésuites jusqu'à pousser NtfvaiTe, Sanchez^ Ëscobar, à dire : « On est obligé de refuser le duel si Ton peut tuer secrètement le calomniateur ; parce qu'alors on ne s'expose pas au danger de perdre la vie, et qu'on épargne à l'autre l'occasion de commettre un nouveau péché, en acceptant le duel ou en l'offrant. » (p. 419).

Ce qui n'a pas empêché les jésuites d'avoir de tout temps, et même encore aujourd'hui, des spadassins à leurs gages.

Sim lE ClNOlifflE PllÉCEPTE DU BÉCAIOGIIE

Admlvable nrtlllee il'nne vlerifc

lie. pieuse vierge, très altacliée à la chasteté,

rcssée par uQ soldat et menacée par la luxure,

ouvoir échapper au péril, s'adressa en ces

à son lascif ennemi : « Écoute un seul mot, et

.eignerai une cliosc merveilleuse. » Il s'arrèlâ.

i, dit Eublie ; épargue-moi, et je te dirai UCv

de ne plus rien risquer dans les combats. Vob

! mon cou avec cette pommade ; toi, prends Vjc^

frappe sur mon cou, et tu verras la sûreL^

d. Il Le soldat, par curiosité et amour ^^

ulé, l'ait aussitôt l'expérience et tranche It::^

le, qui, par cet artifice, fui sauvée du p^g*^ — ^ .. ^'

sa virginité. *;V:^

', Eulalie a-t-elle agi licitement ? A-t-clle p^ ^

ir sauver sa chasteté ï '^\f- .^'

. Aurait-elle pu se jeter par une fenêtre éle^^^

r aux mains de celui qui voulait la violer '^^

la i'" D. Non, en principe, hon -ation céleste ou de bonne foi. La s'est ainsi directemeal procuré la

la 2" D. Oui. Car la mort, si elL- :e de la chutç, n'était pas direcV" ^directement.

CAS Sm.LB T* PhÉGEPTE DU DÉCALOGUE. 120

CAS IX

Sar rawortement

Gaspard Y médecin, faisant une confession générale sa' vie, avoue au confesseur : 1** qu'à une femme enceinte, qui allait mourir, il a donné une médecine qui devait la guérir, tout en prévoyant que le fœtus devait en périr; 2® qu'à une autre femme, qui autrement était en grand et certain danger de mort, il avait donné un remède pour tuer le fœtus et l'expulser en même temps, afin que la mère délivrée pût se guérir.

D. Que doit-on penser de Gaspard ?

R. Dans le premier cas, il n'est pas répréhensible.

Dans le deuxième, il a péché gravement, en comettant un homicide direct. En effet, bien que se proposant une bonne fin, il y a tendu par un moyen illicite.

CAS X

-^irertemeiit. Salut d'une mère dans la mort de son

enfant

Pélagie , enceinte de quatre à cinq mois, se trouve <ïans le plus grand danger et parait sur le point de ï:ïiourir. Outre le médecin ordinaire, trois autres sort appelés en consultation. Après avoir mûrement délibéré, Xoici ce qu'ils décident : si l'art du médecin peut amener l'expulsion du fœtus, celui-ci périra, mp's pourra probablement être baptisé avant sa mort et la mère sera sauvée d'une mort certaine. Si l'on n'agît pas ainsi, c'en est fait de la mère et de l'enfant, qui sera ainai privé du bienfait du baptême. Après cette décision, ils se préparent à opérer l'expulsion. L'événe-

ment confirma leur prévision ; l'enfant, expulsé et baptisé, mourut aussitôt, et la mère fut sauvée*

D. Est-ce permis ? Dans ce cas, pouvait-on procurer l'avortement ?

R. Non, absolument; car Tavortement est de sa. nature un véritable homicide. Il est employé et des-, tiné en soi, par les médecins, au salut de la mère et au baptême de l'enfant , disent-ils. Donc , bien qu'ils l'appliquent à une fin utile, cependant ils cherchent et procurent directement l'homicide.

Vr ET LV PRÉCEPTES DU DÉCALOGUE

VI Tu ne forniqueras pas.

IX Tu oe désireras pas la femme de ton prochain.

410. — Répétons les paroles de saint Liguori : (( ... Gomme c*est ici Ja matière la plus fréquente et la plus abondante de la confession, j'ai dû, pour Finstruction de ceux qui veulent apprendre la science morale, et afin d'être clair, discuter des cas particulier$. Hais je prie les étudiants qui se préparant à être de§ confesseurs, de lire ce traité et celui du devoir conjugal, en rejetant toute curiosité, d'élever souvent leur âme à Dieu, et de se recommander à la Vierge immaculée». »

411. — La luxure est un appétit déréglé dans l'amour et consiste dans un plaisir charnel (delectatio venerea) goûté volontairement en deîiors du mariage. Or ce plaisir vient ^6 Texcilation des esprits destinés à la génération et ne "Oitpas être confondu avec un plaisir purement sensuel

'lui provient du contact d'un objet sensible sur quelque

*• — Celle précaulion n'est pas mauvaise; mais il n'est pas mauvais ^?^ plus de se rappeler comment les anciens (?) jésuites, tout en s'injî^RQant avec une horreur pudique contre les crimes de luxure, trouvaient ^ accommodements pratiques.

,^*co6ar, ergotant sur les peines que dans une bulle spéciale Pie Y -.^Uît vu obligé d'édicter contre les clercs sodomites, fait de savantes

^'^Dctions qui lui permettent d'excuser : c i® les clercs qui ont avec ?^ femme des rapports contre nature; 2« qui sont patients...; 3® qui

^ïït commis Tacie prohibé que «ne, deux et trois fois; 4» qui com- ^ttent le crime de bestialité ». Et comme le rapt d'une femme est pun»

• '^^ peine de mort, il en conclut que celui d'un jeune homme par un ^**ïine, causa libidinis, n'est pas punissable (p. 290).

ir exemple d*im objet visible sur la yue. Autn >bjet de la luxure, autre l'objet de la sensualités sensuel, ou n'est pas coupable, ou n'excède ftt t du temps, en principe, un péché véniel. .■ a différente! sortes de luxure. Il y a une difRSfe les attouchements et les regards impudiques^ et ::tes solitaires et les actes faits avec d'autres^ entre I consommés et les actes quine le sont pas^ entre les telon la nature et les actes contre la ruUure. Ces es se subdivisent encore, comme on le verra, il y a la luxure cherchée directement et la luxure cl ée indirectement, La première existe lorsqu*on vise pr ment au plaisir charnel, la seconde lorsqu'on cherche ai aose qui amène ce plaisir contre notre intention, codd es lectures peu chastes faites par curiosité ou pour autre motif.

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