‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 73 sur 270 · IV. Les baisers, les attouchements, les étreintes faites · texte numérisé non relu

IV. Les baisers, les attouchements, les étreintes faites

pour le plaisir charnel ont une gravité de mal qui diffère

suivant les circonstances de personnes, car ils sont censés de

la même espèce que Tacte consommé auquel ils conduisent

par leur nature. Aussi il faut préciser dans la confession

«ivec quelles personnes on les a pratiqués, du même sexe ou

d'un sexe différent, mariée ou non, etc.

< 415. — 1** Il n'y a pas de faute dans les baisers que les xnères et les nourrices donnent aux petits enfants. Il en ^st de même ordinairement de ceux qui embrassent ces enfants, même d'un autre sexe, en mettant de côté tout sentiment dépravé.

2" Il ne faut pas. accuser aussitôt d'un grave péché les jeunes gens qui, dans certains jeux, sans aucune mauvaise intention, s'embrassent décemment, bien qu'il faille les détourner de ces jeux à cause du péril qu'ils entraînent.

S"* L'opinion de Sanchez, Salmaut, et d^autres, affirmant qu'il n'y a pas de péché mortel dans les baisers et étreintes pudiques des fiancés, bien qu'ils y cherchent un plaisir diamcr, et qu'il y ait une légère excitation des esprits génitaux, en mettant de côté le péril dé pollution et de consentement à l'union sexuelle, est regardée comme peu probable en pratique par saint Liguori, qui regarde comme beaucoup plus probable, même en théorie, l'opinion d'après laquelle de tels actes sont défendus aux fiancés comme aux autres personnes libres. C'est que les fiancés n'ont pas encore de droits réciproques sur leur corps ni de droits à Tunion sexuelle, à laquelle tendent ordinairement de tels actes.

4° Mais oh doit regarder ^comme péchés mortels les btiséri sur les autres parties du corps plus détournées, par exetthple sur le sein, surtout entre personnes de sexe diiTérent^«t même les baisers prolongés sur la bouche, surtont si «n'} introduit la langue.

416. — 5° On ne pèche pas en principe lorsqu*on se touche' pour essuyer l'ordure, pour calmer le prurit, ou soigner des infirmités ; cependant, si le prurit est supportable, il faut s'abstenir de se toucher. Mais si Ton touche son corps sans motif, on ne commet qu'un péché véniel, puisque, en mettant de côté le plaisir charnel, comme on ne le fait qu*ea passant, par légèreté ou pure curiosité, on ne risque pas d'enflammer la passion.

6° Les attouchements sur les parties honteuses ou voisines, même par-dessus les vêtements, constituent un péché grave, à moins qu'on ne le fasse par pétulance, par plaisanterie, par légèreté, ou en passant. Il en est de même du . toucher réciproque des femmes sur leur sein, parce qu'à cause de la sympathie de ces parties avec le toucher, il y a un proche danger de plaisir charnel.

7** A plus forte raison, en dehors du cas de force majeure, il y a péché mortel lorsqu'on touche les parties honteuses d'une personne de sexe différent, même .pour peu de temps, parce qu'on ne le fait guère que par passion erotique , et parce que outre que c'est fort indécent, il y a un proche péril de pollution ou de plaisir charnel. Cependant, il ne faut pas accuser d'un péché grave les servantes qui touchent les parties honteuses des enfants en les habillant, à moins qu'elles ne le fassent d'une manière prolongée et en éprouvant un plaisir charnel.

8" 11 n'y a qu'un péché véniel, en principe, lorsqu'on touche légèrement, et en passant les doigts, les mains, le visage d'une personne d'un autre sexe, en mettant de côté toute fin mauvaise, tout sentiment et danger de débauche, si on ne le fait que par pure curiosité et s'il n*y a aucun danger pour nous ou pour un autre.

D'ailleurs, comme dans une matière si lubrique on ne voit pas toujours clairement ce qui est véniel ou mortel, et

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