CAS SCR LA DIRECTION DES EPOE
CAS I
Obligation de remplir ses devoirs
I. Ursule, femme mariee, craignant les douleiirs de 1'enfantemenl et les ennuis de 1'allaitement, se decide a refuser a son raari d'accomplir le devoir conjugal. Ne voulant pas changer de resolution, elle ne peut obtenir 1'absulution de son confesseur.
II. Germaine, mere de famille, refuse egalement, parce qu'ello a deja une t'amille trop nombreuse, et qu'elle est 1'orl pauvre. II vaut mieux, dit-elle, ne pas mettre au monde des enfants que de les vouer a la misere.
III. Agnes refuse aussi, parce qu'elle sait, et par sa propre experience, et par une consultation des medecins, qu'elle ne peut enfanter sans s'exposer a un danger de inort.
IV. Victoire est fort affligee parce que tous ses util'ants sont mprts ; elle ne veut plus en mettre au monde, et refuse a son inari le devoir conjugal.
V. Tecle a la conscience fort tourmentee parce que son mari s'acijuitte souvent du devoir conjugal d'une rnaniere veniellement coupable, par exemple, en se plagant dans une position contraire a la nature.
D. Que faut-il penser dans ces differents cas?
1 Ursiile n'est pas exempte de peche, et de peche grave ; son confesseur a bien fait de iui refuser
1'absolution. Car une epouse ne pent etre excusee de rendre le devoir a cause des incommodites ordinaircs de I'accouchement ou de 1'allaitement, ni par des douleurs mediocres, ou meme fortes, mais non continues, par exeraple des maux de tete pendant plusieurs mois apres les couches, ni a cause de 1'affaiblissement de ?* sante, parce que tout cela fait partie des charges di* manage. Et la femme, par la puissance du contrat, en Hvrant son corps dans le but de la generation, a ete censee s'obliger a supporter toutes les incommodites qui accompagnent ou suivent la generation.
2 Germaine ne peut etre dispensee du devoir conjugal que par le consentement de son mari.La raison en est que la procreation des enfants est le but principal du mariage, etqu'il comprend tous les inconvenients qui ne sont pas extraordinaires. Autremcnt, la femme pourrait trop facilement et trop souvent decliner le devoir, au grand ennui du mari, et au risque pour lui d'incontinence. Germaine devaitpenser aces inconvenients avant de se mnrier ; maintenant eUedait les suDDorter. Qu'clle se confie a la Providence.
5 II taut pardonner a Agnes. Une femme reduite a de telles extremites, n'est pas tenue de rendre le devoir, car son accomplissement ne peut pas etre exige en face d'un grave dommage ; car la femme qui se marie n'est pas censee s'obliger a des charges tout a fait extraordinaires, et a risquer sa vie pour obeir a son mari. Mais le plus souvent, il ne laut pas tenir comple des douleurs du premier accouchement, qui sont habituellemen-t tres fortes.
4 II ne faut pas inquieter Victoire en principe, si ce malheur resulte de quelque vice de constitution qui rende I'accouchement difficile, compromette la vie du tbelus avant qu'il vienne au monde... Mais il iaut faire
CAS SUR LA DIRECTION DBS fiPOUX. 483
exception, si le refus du devoir doit entrainer des querelles entre les epoux.
5 Quc repondre a Tecle? En principe elle doit etre dispensee de son devoir, paree que 1'acte conjugal pratique de la sorte est illrgilirne. Or, uu man ne peut exiger un acte illegitime. Cepcndant on peut permettre a i'epouse d'accomplir son devoir de la sorte, par quelque motif raisonnable, par cxemple, si le refus eutraine des desagrements notables; par exemple, outrage de la part du mari (Saint Liguori).
CAS 11 Obstacle an devoir conjugal
I. Leonie, jeune fillede vingt ans, a prononce un voeu perpetuel de chastete. Plusicurs annees apres, poussee par scs parents, clle accepte de tout coeur un mariage favorable qui se presente. Mais ellesonge a son voeu, et n'ose en parler a personne. Nonobstaot, elle se marie; mais alors commence son embarras. Elle se decide a chercher un raoyen de se delier de son engagement ; mais en attendant, elle est forcee d'accomplir son devoir conjugal, et meme7 pour plaire a son mari, elle le reclame quelquefois. Enfin, tourmentee par sa conscience, elle va trouver son confesseur et avoue tout.
II. Rosalie, mariee de bonne foi, abientotdes doutes au sujet de quelque empechement Tenant d'une alliance. Elle continue ccpendant a habiter avec son mari, jusqu'a ce qu'elle soil assuree de la nullite deson mariage. Lorsqu'elle en a la certitude, elle demande a son confosseur ce qu'elle doit faire : Lui refuser lout commerce, repond ^'eltii-ci, jusqu'a ce que vous aye/, obtenu une dispense. Mais ce conseil a un resultut deplorable. Rosalie est amenee a accorder le devoir
conjugal a son mari furieux; elle est menacee de -violences terribles, meme de mort, et, pour sortir d'un tel embarras, elle obeit a son mari.
D. l re . Que doit faire le confesseur dans le premier cas? Doit-il permettre a Leonie de demander et de remplir le devoir conjugal , sur les instances de son mari , jusqu'a ce 'inj'elle soit dispensee de son voeu?
D. 2 e . Rosalie doit-elle remplir le devoir conjugal pour eviter un mauvais traitement ou meme un danger de mort?
D. 5 e . Peut-elle du moins avoir une attitude passive?
R, a la l re D. 1 Leonie ne peut demander ni remplir le devoir conjugal pendant les deux premiers mois, depuis la celebration du mariage, si ce temps n'est pas encore ecoule. C'esl que, pendant ce temps, les epoux, en vertu d'un privilege divin reconnu par 1'Eglise, sont dispenses de 1'obligation d'accomplir leur devoir conjugal, afin de voir s'ils voudraient embrasser 1'etat religieux. 2 Leonie peut remplir son devoir apres cet espace de temps, pour satisfaire aux droits de son epoux ; mais elle ne peut le demander jusqu'a ce qu'elle soit dispensee de son V03U, parce qu'elle le violerait. 5 Mais elle doit s'abstenir si 1'autre y consent, ou a perdu le droit de 1'exiger, par exemple a la suite d'un adultere ou d'un inceste.
R. a la 2 e D. Non, absolument; parce que la nullitedu mariage etantreconnue, 1'acte conjugal serait une fornication, ce qui est un mal intrinseque, et ce qui n'est jamais permis, meme pour eviter la mort. Et peu importe que le mari ignore l'empechement de bonne foi et pense etre dans son droit, parce que le mariage etant mil, il n'a aucun droit, bien qu'il croie en avoir
R. a la 5 e D. II y a contuoverse. Ce qui revient a examiner si une fei^me accablee par la violence doit