II y en a trois classes
1 Le plaisir morose 1 (delectatio morosa), lorsqu'on se
* Je ne trouve pas d' expression pour traduire le morosus dont se serpent les casuistes. G'est un mot de la basse latinite, qui n'a rien de commua avec le morosus des auteurs anciens. Dans le patois theologique, ce morosus a ete deduit de morari. Deleelalio morosa signiiie plaisir auquel on s'arrete, dans lequel on se complait.
68 LA MORALE DBS JESDITES.
cemplait librement dans le mal represente par 1'imagination, sansle desirer;
2 Lajoie, lorsqu'on prend plaisir, de propos delibere, a penser au mal accompli ;
3 Le desir, ou acte de la voldnte en vue d'obtenir et par suite d'accomplir une chose mauvaise. II est dit ef'ficace s'il y a I'intention ou le dessein absolu de 1'obtenir ; inefficace, s'il n'y a qu'une velleite ou un consentement conditionnel ; par exemple, si Ton dit : Je volerais bien si je le pouvais; je Forniquerais bien avec cette femme, si je ne craignais pas le deshonneur.
170- D. Le plaisir morose recoit-il une malice particuliere des circonstances du peche en vue, comme le desir etlajoie 1 ?
R. Controverse....
171. D. Peut-on desirer le mal a condition qu'il soil permis? .
jR. Controverse
172. D. Peut-on se rejouir de 1'omission involontaire de pelque precepte oublie ? . .
R. Controverse....
173. La doctrine de saint Thomas, disant qu'il n'y a pas de peche si une pollution nocturne nous plait comme etant un soulagement naturel, ne peut se comprendre du plaisir inherent a la pollution, qui, en lant que honteux, est coupable en soi objectivement ; c'est 1'explication du saint docteur. Saint Liguori ne veut meme pas qu'on le comprenne ainsi pour la pollution resultant du toucher ou d'un songe obscene, parce que, de cette maniere, elle est coupable objectivement. II en est autrement s'il s'agit dlune pollu-
1 C'cst ici que doit sans doute se placer 1'ingenieuse espece imagihee par saint Liguori el reprise par Moullet : Si quelqu'un se delecte a la pensec de rapports coupables avec une femme mariee, non pas parce qu'elle est mariee mais parce qu'elle est belle, en faisant abstraction de la circonstance du mariage, cette delectation n'a pas la malice de 1'adultere, mais dela simple fornication > (Compendium,i. I, p. 126, 1854).
TRAITfi DES HECHES. <
tion purement naturelle, lorsque la nature se soulage. D'ailleurs, en pratique, il faut eviter de s'ycomplaire, toutehonnete qu'elle soil en princijpe* a cause du danger qui en resuite.