I. Uldenberg, La religion du Véda, p
LES SANCTIONS MORALES DU VÉDISME
la maisonnée qui n’y peut rien. Un homme sur qui une corneille noire a laissé tomber sa fiente est souillé par le péché. Un autre, dont la vache met au jour deux jumeaux, est souillé du péché. En est également souillé, celui qui entend dire qu’il est mort, etc. Un hymne parle du « péché qui vient des dieux » et qui peut occasionner la folie de l’homme.
Cette souillure extérieure mécontente les dieux auprès desquels il faut s’en excuser, auxquels il faut demander de la faire disparaître, afin de n’être point la victime de leur vengeance. « Le péché que nous avons commis par adjuration, conjuration ou contre-conjuration, dit un hymne, en donnant ou en veillant, toutes les mauvaises actions, ces odieuses, qu’Agni les expulse loin de nous ! )) Un autre, pour éviter la colère de la divinité, lui dit : (( Si, par inattention, nous avons violé tes ordonnances, ne nous fais pas de mal, ô dieu, en punition de ce péché. » On prie tous les dieux indistinctement pour éviter leur vengeance, mais c’est surtout à Varuna qu’on demande la connaissance et la rémission des péchés que l’on a pu commettre. Le dévot indien ressemble, en effet, sous certains rapports, au dévot juif, qui craint toujours d’avoir commis quelque faute, redoute la colère divine sans savoir pourquoi et demande au ciel de l’éclairer en même temps que de ne le point châtier L u Je cherche mon péché, ô Varuna, je désire le voir. Je vais m’en informer auprès de ceux qui savent. D’un commun accord les sages me disent : C’est Varuna qui est courroucé contie toi. Quel a-t-il été, ô Varuna, ce grand péché, pour que tu veuilles tuer le chantre ton ami ? Dis-le moi, ô dieu infaillible et libre ; je veux en diligence gagner ta grâce par ma piété. Délivre-nous de tout péché de tromperie, celui que nous avons hérité de nos pères et celui que nous avons commis de notre propre corps... Ce ne fut pas mon propre vouloir, ô Varuna, ce fut délire, ivresse, fureur du jeu, passion ou négligence. La faute que commet le jeune