‹ La morale des religionsChapitre 256 sur 380 · Ibid., p. i · texte numérisé non relu

Ibid., p. i

surnaturel, que Dieu nous accorde gratuitement à cause des mérites de Jésus-Christ, pour faire notre salut. Il y a deux sortes de grâces : la grâce habituelle ou sanctifiante et la grâce actuelle. La grâce habituelle ou sanctifiante est celle qui demeure en nous quand nous sommes exempts de péché mortel, et qui nous rend justes, saints, agréables à Dieu et capables de mériter la vie éternelle. La grâce actuelle est un secours intérieur ou extérieur que Dieu nous donne pour nous aider à éviter le mal et à faire le bien d’une manière utile au salut'. » Insistant sur la nature de la grâce, le Livre sacré ajoute : « Dans le langage ordinaire, une grâce est une faveur accordée à quelqu’un sans lui être due, par pure bienveillance ; c’est l’opposé d’une rétribution, d’un salaire... Elle est un don surnaturel, c’est-à-dire au-dessus de notre nature, parce qu’elle nous rend capable de vivre et d’agir en amis de Dieu sur la lerre et de le posséder à jamais dans le ciel : toutes choses que nous ne saurions faire par nos forces naturelles L » L’homme qui n’a pas la grâce ne peut pas a être sauvé a. Il est dans le même cas que celui qui n’a pas été lavé du péché originel. Même les (( actes qui ont une bonté naturelle ne seront jamais récompensés dans le ciel, où Dieu ne reconnaît comme méritoires que ceux qui sont surnaturalisés par sa grâce ^ ». On pourrait supposer que tous les hommes ont « la grâce » depuis que l'incarnation du Fils de Dieu s’est produite, et par le seul fait de cette incarnation ; il n’en est rien cependant. Pour avoir la grâce, c’est-à-dire pour se trouver dans un état tel que l’on puisse « être sauvé », il faut accomplir certains actes qui exigent l’intervention du prêtre. « La grâce sanctifiante vient en nous pour la première fois par le baptême. On la perd par le péché mortel; on la recouvre par le sacrement de Pénitence ou la contrition parfaite. Quiconque, à l’heure de la mort, eu est privé, demeure pour toujours exclu du ciel. G est la robe nuptiale dont parle l’Evangile (Mattb., xxii, ii-i5), et sans laquelle

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