Ibid., chap. 11;, i8 V
prophètes, et ont dit: nos cœurs sont incirconcis. Dieu a imprimé sur leur front le sceau de leur perfidie. Parmi eux il n'y a qu'un petit nombre de croyants. Ils ont dit: nous avons fait mourir Jésus, le Messie, fils de Marie, envoyé de Dieu. — Ils ont exercé l’usure qui leur avait été défendue, et consumé injustement l’héritage d’autrui. Nous avons préparé des châtiments terribles à ceux d’entre eux qui sont infidèles. — Mais les juifs qui sont fermes dans la foi, qui croient au Koran, au Pentateuque, qui font la prière et l'aumône, qui croient en Dieu et au jour dernier, recevront une récompense éclatante'. »
Tandis que le Ixoran reproche aux juifs d’avoir fait périr le Messie, et les menace, pour ce crime, de leur destruction sur cette terre, en attendant les châtiments de Dieu dans l’autre monde, il condamne les chrétiens parce qu’ils ont fait du Messie un Dieu. « Ceux qui disent que le Messie fils de Marie est un Dieu, profèrent un blasphème. N’a-t-il pas dit lui-même: O enfants d’Israël, adorez Dieu, mon Seigneur et le votre ! celui qui donne un égal au Très-Haut n’entrera point dans le jardin de délices. Sa demeure sera le feu. Ceux qui soutiennent la trinité de Dieu sont blasphémateurs. Il n’y a qu’un seul Dieu. S’ils ne changent de croyance, un supplice douloureux sera le prix de leur impiété*. »
A l’égard des chrétiens comme à l’égard ‘des juifs, le prophète joignait la pratique à la doctrine : l’un de ses premiers actes, après avoir battu, soumis à son autorité ou réduit à l’esclavage les populations juives de l’Arabie, fut de se tourner vers les établissements grecs de la Syrie qui pratiquaient le christianisme. Après a^ oir écrit à l'empereur de Constantinople pour l’inviter à embrasser l'islamisme, il envoie des missionnaires dans les villes grecques de la Syrie qui étaient soumises à 1 autorité de l'empire d’Orient : un des missionnaires ayant été massacré, il en prend prétexte pour diriger une expédition militaire contre les Grecs