I. Ibid,, chap. iv
^our le donner. — N’offrez point ce que vous ne voudriez pas recevoir à moins que ce ne fût l’effet d’une convention. — Faites l’aumône le jour, la nuit, en secret, en public, vous en recevrez le prix des mains de l’Eternel. — Ils t’interrogeront sur le bien qu’ils doiventfaire ; réponds-leur ; secourez vos enfants, vos proches, les orphelins, les pauvres et les voyageurs ; le bien que vous ferez sera connu du Tout-Puissant'. »
C’est par application de ces préceptes que la dîme ou (( Dekat » a été introduite dans toutes les sociétés musulmanes. Très différente de celle qui a existé dans la plupart des sociétés chrétiennes et qui était prélevée au profit du corps sacerdotal, la dîme musulmane est destinée à peu près entièrement aux œuvres de bienfaisance. C’est une contribution prélevée sur les revenus ou les capitaux des gens riches au profit des pauvres, des infirmes, des malades et autres individus incapables de travailler pour vivre. Elle a été, sans aucun doute, l’un des plus puissants moyens de propagande de l’islamisme. Il attirait à lui les pauvres en leur assurant des secours : il n’éloignait pas les riches parce qu’il limitait les sacrifices au moyen desquels il leur était possible de supprimer ou d’atténuer l’envie que provoque toujours chez les misérables la vue des richesses. Ce système était, en principe et en fait, très supérieur à celui auquel le christianisme a donné le nom de charité ; il constitue un véritable devoir social, le devoir de la bienfaisance, tandis que la charité des chrétiens se résume en une vertu purement individuelle, dont la pratique est recommandée par l’Eglise, mais qui n’a rien d’une obligation. Aussi la misère a-t-elle toujours été plus grande dans les sociétés chrétiennes que dans les sociétés musulmanes. La dîme obligatoire n’exclut pas, d’ailleurs, dans ces dernières, la charité volontaire. Celle-ci est pratiquée sur une vaste échelle par tous les musulmans. On peut même la considérer comme un des vices de l’islamisme, car elle a contribué, non moins que dans les so-