Noyez : Ernest Renan, Les Évanr/iles, p
magnificence forment son vêlement, et elle se rit du jour à venir ; elle ouvre la bouche avec sagesse, et des instructions aimables sont sur sa langue ; elle surveille ce qui se fait dans sa maison, et elle ne mange point du pain de la paresse. Ses enfants se lèvent et la disent bienheureuse; son mari se lève et il la loue, et dit ; Plusieurs filles ont une conduite vertueuse, mais toi, tu les surpasses toutes » La sanction de la belle conduite de cette femme aimante, de cette mère attentive aux besoins de ses enfants ne se trouvet-elle pas dans l’admiration dont elle est l’objet de la part de tous ceux cjui la connaissent et dans l’affection (pie lui témoignent son mari, ses enfants, ses serviteurs.^ Et cette sanction n’est-elle pas suiTisante pour amener toutes les épouses et mères à imiter son exemple
A côté de cette page naïve autant que belle, trouvent naturellement leur place, les conseils donnés au mari : (( Mon fils, sois attentif à ma sagesse, incline ton oreille à ma prudence ; afin que tu conserves la réflexion et que tes lèvres gardent la connaissance. Car les lèvres de l’étrangère distillent le miel, et son palais est plus doux que l’huile. Mais ce qui en provient est amer comme l’absinthe, et jierçant comme une épée à deux tranchants. Ses pieds conduisent à la mort ; ses démarches aboutissent au sépulcre. Elle ne considère pas le ehemin de la vie ; ses voies s’égarent elle ne sait où... Eloigne ton chemin d’elle, et n’approche point de l’entrée de sa maison ; de peur que lu ne donnes ton honneur à d’autres..., de peur (pie les étrangers ne se rassasient de ta fortune, et que ce que tu auras accjuis par ton travail ne passe dans une maison étrangère... Bois des eaux de ta citerne et des ruisseaux de ton puits. Tes fontaines doivent-elles se répandre au dehors et tes ruisseaux d’eau sur les places publiques ? qu’ils soient à toi seul et non aux étrangers avec toi. Que ta source soit bénie ; et réjouis-toi de la femme de ta jeunesse, comme d’une biche aimable et d’une ehèvre gracieuse ; (pie ses caresses te réjouissent en tout temps, et sois continuellement épris de