LA MORALE FAMILIALE DANS L’OCCIDENT ANTIQUE
comme si elle eût été une étrangère clans la famille juclaïcjne.
Aux yeux des Aryens de l'Inde, de la (Irèce, de Home, de l’Occident européen, la femme tient une place d’honneur non seulement sur la terre, mais encore dans la vie nouvelle cpie l’homme Aa mener après sa inoii, en c|uek|ue lieu inconnu. « Tu es un liéros, dit un père indou à son tils mort, va au jilus vite au-devant des femmes c|ui t’appellent. )) Dans les poèmes celtiipies, c’est ce une jeune et jolie femme c[ui Aient, en Irlande, chercher Condla pour l'emmener dans le pays des morts ; elle lui parle des femmes et des filles cju'il va rencontrer ». En Irlande, l’un des noms donnés au pays des morts était tir-nam-ha/i, c|ui veut dire ce terre des femmes ' ».
Bien loin, en effet, de redouter, comme les Hébreux, la beauté de la femme et de fuir ses charmes, les Aryens de de tous les pays et de tous les temps sont pour elle pleins d’admiration et la placent au premier rang des œuvres de la nature. Dans la Grèce anticjue, à Borne, parmi les Germains et les Celtes, comme chez les Aryas du Septa-Sindhu. la jeune fille est libre de tous ses mouvements; elle circule sans voile et fait naïvement montre de sa Ijeauté. A Sparte, elle prenait part à tous les exercices des jeunes gens et dans la même nudité c^u’eux. Platon Aoulait ejue les femmes fussent élevées de la même façon cjne les hommes et il répondait à ceux que la nudité des premières dans les gymnases offusquaient ou cjui s’en moquaient; (( Prions ces railleurs de ejuitter leur rôle, d’être sérieux, rappelonsleur t|u’iln'y a pas longtemps cjue les Grecs croyaient encore, comme le croient aujourd’hui la plupart des peuples barbares, que la vue d’un homme nu est un spectacle honteux et ridicule ; et que, lorsque les gymnases furent ouverts pour la première fois, d’abord en Crète, ensuite à Lacédémone, les plaisants d’alors avaient quelque droit d’en faire des railleries. . . Mais, à mon avis, lorsque l’expérience eut
I. D’Arbois de JuBAtNVJLLE, La civilisation des Celtes et celle de l’épopée homérique, p. 221.
LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
fait voir qu’il valait mieux être nu qu’habillé, dans les exercices gymnastiques, alors le ridicule que les yeux attachaient à la nudité fut dissipé par la raison qui venait de découvrir ce qui était le mieux, et il se prouva de soi-même qu’il n’y a qu’un homme superficiel qui trouve du ridicule autre part que dans ce qui est mauvais en soif »
Ce culte de la grâce, de la beauté qui est au fond du cœui‘ de tout aryen donnait, en Grèce, une grande autorité à toutes les femmes ^ et ht le succès des hétaïres assez habiles pour joindre à leurs charmes physiques celui d’un esprit cultivé par les lettres et la philosophie : (( Lettrées, poètes, habiles à la musique et à la danse » elles formaient « des sortes de collèges de femmes libres où les politiques et les philosophes recrutèrent leurs amis et les aphrodites leurs prêtresses. » Elles jouissaient, dans certaines villes, d’une telle considération, qu’à Corinthe (( elles étaient chargées d’offrir à la déesse (Athéné) les vœux de citoyens », et que ce fut « elles qui allèrent implorer Aphrodite, lors de l’invasion perse, et lui rendre grâce après Salamine ® » .