iO LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
d'une telle vérité qu'elles entlamineraienl les sens glacés du vieux Priain et de Nestor. Mais c’est alors que leurs désirs veulent une satisfaction immédiate ; elles s’aperçoivent qu'elles n’ont affaire qu’à de faibles femmes ; un cri retentit et SC répète sous toute la voûte: voici l’heure; faites entrer les hommes. — Mais ton amant est couché. — Eh bien! qu’on le réveille ; qu’il prenne son manteau et qu’il vienne. )) Point d’amant! Elles s’emparent des esclaves... » On me pardonnera Me laisser tomber la fin de cette satyre qui, sans doute, dépassait les bornes de la vérité, comme elle franchit la limite de ce que des oreilles non latines peuvent entendre.
11 était impossible que l’émancipation religieuse de la femme romaine n’eut point pour conséquence la rupture lies liens si étroits par lesquels la législation antique de Home l'attachait à son mari et à son foyer.
Ce fut d’abord la fortune qu’elle tenta de conquérir. D’après les lois et traditions anciennes, la femme mariée n’avait pas plus de biens propres, que la jeune fdle ou la veuve. Les biens de la première étaient gérés par le mari; ceux des secondes par le père ou les agnats. « Mais alors les femmes commencèrent à aspirer à l’indépendance au point de vue de la propriété ; et à l’aide des subtilités imaginées par les avocats, particulièrement par des mariages simulés, elles parvinrent, en se dérobant à la tutelle de leurs agnats, à prendre l’administration de leurs propriétés : ou bien, si elles étaient mariées, elles cherchaient par des moyens non moins répréhensibles, à se soustraire à la puissance maritale qui, suivant la loi, était nécessaire... De même, la juridiction de la famille sur les femmes, qui se rattachait à cette puissance maritale et tutélaire, devint en pratique une lettre morte. Même dans les affaires publiques, les femmes commencèrent à avoir une volonté propre, et occasionnellement (( à gouverner les maîtres du monde », leur inlluence se faisait sentir dans les comices, et on élevait déjà des statues aux dames romaines dans les provinces'. »