Lettres édifiantes, XI, p
2. J.-H. Garstin, Manual of South- Arcot, cité par Laouenan, loc. cit., I, p. i4 et suiv.
LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
Tous les péchés, même ceux « commis avec une parfaite connaissance », sont effacés par le Panchakaryan, acte expiatoire (jui consiste h boire les cinq choses provenant de la vache: lait, beurre, caillé, bouse et urine'. La vache joue elle-même un rôle dans l'expiation des fautes, a On raconte des anciens Maraltes du Tanjaur que, lorsqu'ils avaient commis quelque faute grave contre les règles de la pureté légale (ce qui leur arrivait de temps en temps), les Brahmes les condamnaient à la cérémonie suivante. On préparait une hgure de vaqhe en argent ; le monarque s'y enfermait tout nu et, à un signal donné, il en sortait par le canal ordinaire. La statue était donnée aux Brahmes avec d'autres présents, et le roi était pur comme l'enfant qui vient de naître". » L'image de l'organe femelle extérieur de la vache, isolé, jouit de la même propriété. On le voit souvent figuré en rouge sur des arbres ou des pierres qui sont considérés comme sacrés. A Bombay, à l'extrémité de Malabar-Point, sur le bord de la mer, il existe une pierre percée d'une ouverture qui a la forme de cet organe; a les pèlerins \ allluent de toutes parts, afin d'obtenir le mérite et le bienfait de la régénération en passant par cette ouverture sacrée. Elle est placée à une assez grande hauteur, au milieu de rochers d'accès dil^cile qui, dans la mauvaise saison, sont battus des vagues de la mer. Le prétendu Voni est lui-inêmo assez élevé pour exiger de la part des dévots, des efforts et une adresse au-dessus de l'ordinaire. El cependant des femmes et des hommes d« plus haut rang s'y rendent chaque jour. On raconte que Sivaji, le fondateur de la dynastie Maratle dans le Deccan et le Tanjaur, y venait sous un déguisement au tenqis même de ses luttes avec les Anglais, pour se régénérer spirituellement par ce passage. Raganat-Row, un de ses successeurs, aimait à accomplir cet acte de piété pendant qu'il était prisonnier à Bombay. Ce même Raganat-Row avait, pendant sa détention à Bombay, envoyé deux Brahmes en Angleterre pour agir et plaider en sa faveur. C'étaient des hommes considérables,