‹ La morale des religions [microform]Chapitre 173 sur 340 · Ibid., p. i · texte numérisé non relu

Ibid., p. i

LA MORALE D'ÉPICURE ^i

core est le mot suivant : « Il est plus agréable de faire du bien (à ses amis) que d'en recevoir. ' » Et celui-ci : « Le sage donnera, s'il le faut, sa vie pour son ami. * » Cicéron leur prête l'opinion que voici : « Sans doute, les premières entrevues, les premiers rapprochements, et le désir de her amitié ont leur raison dans le plaisir personnel ; mais lorsque le progrès de l'habitude a fini par produire l'intimité, alors l'amour s'épanouit à ce point qu'on chérit ses amis uniquement pour eux-mêmes, sans retirer aucun profit de l'amitié. En effet, si nous avons coutume de nous attacher aux lieux, aux temples, aux villes, aux gymnases, à la terre, à nos chiens, à nos chevaux, à nos jeux, par 1 habitude de l'exercice ou de la chasse, combien plus facilement et plus justement cet effet pourra-t-il se produire en la société habituelle des hommes. ' » Transportant ces idées dans la pratique de leur vie, les épicuriens entretetenaient les uns avec les autres des relations fréquentes ; ils avaient des repas communs ; célébraient chaque année ensemble, l'anniversaire de la mort d'Épicure et se secouraient réciproquement, avec des marques d'affection qui étaient fort remarquées et leur valait de nombreux adhérents.

Il était impossible qu'Épicure ne transportât pas à tous les hommes une partie au moins de l'altruisme qu'il pratiquait et professait en matière d'amitié. D'après Diogène Laërte, « sa bonté envers les hommes était incroyable sa bienveillance sans égale, et sa philanthropie universelle^ ». Il disait : i< Le droit naturel n'est autre chose qu'un pacte d'utilité, dont l'objet est que nous ne nous lésions point réciproquement et que nous ne soyons pas lésés ' ». Précisant cette pensée, Lucrèce devait dire plus tard : « Un jour vint où la femme s'attacha par un lien durable à un époux unique ; où tous deux se virent entourés d'une

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