Ibid., livre XI, xiii
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blement, et si lu lui donnais sans colère, alors qu'il s'efforce de le faire du mal, des leçons comme celle-ci : « Non, mon enfant ! nous sommes nés pour aulre chose. Ce n'est pas moi cjui éprouverai le mal, c'est toi qui t'en fais à toimême, mon enfant I » Montre-lui adroitement, par une considération générale, que telle est la règle ; que ni les abeilles n'agissent comme lui, ni aucun des animaux qui vivent naturellement en troupes. N'y mets ni moquerie, ni insulte, mais l'air d'une alTection véritable, d'un cœur que n*aigrit point la colère ; non comme un pédant, non pour te faire admirer de ceux qui sont là ; mais n'aie en vue que lui seul, y eût-il même là d'autres témoins'. »
La morale de Marc-Aurèle n'est pas inactive. Il ne laisse passer aucune occasion de recommander Taction comme le devoir suprême, a Le matin, lorsque tu sens de la peine à te lever, se dit-il à lui-même % lais cette réflexion : je m'éveille pour faire œuvre d'homme ; pour(|uoi donc éprouver du chagrin de ce que je vais faire les clioses pour lesquelles je suis né, pour lesquelles j'ai été envoyé dans le monde P Suis-je donc né pour rester chaudement couché sous mes couvertures ? — Mais cela fait plus de plaisir. — Tu es donc né pour te donner du plaisir? Ce n'est donc pas pour agir, pour travailler ? Ne vois-tu pas les plantes, les passereaux, les fourmis, les araignées, remplissant chacun sa fonclion, et servant selon leur pouvoir à l'Iiarmonie du monde ? Et après cela tu refuses de faire ta fonction d'homme I Tu ne cours point à ce qui est conforme à ta nature.^ — Mais il faut bien prendre du repos. — Je le veux. Pourtant la nature a mis un terme à ce besoin. Elle en a bien mis au besoin de maiiger et de boire. Toi, néanmoins, tu passes ces bornes, tu vas au delà de ce qui doit le sulTire. Dans l'action, il n'en est plus de même: lu restes en deçà du possible. C'est que tu ne t'aimes pas loi-même, sinon lu aimerais ta nature, ce qu'elle veut. Oui, ceux qui aiment leurs métiers sèchent sur leurs ouvrages, oubliant