‹ La morale des religions [microform]Chapitre 239 sur 340 · I. Lavallée, Hist. des franc., I, p. i · texte numérisé non relu

I. Lavallée, Hist. des franc., I, p. i

en un seul jour par ordre du roi. » Le chef des Saxons, Wilikind, fut lui-même contraint par la force de se convertir au christianisme, comme tous ses compatriotes. Puis, pour mieux assurer la christianisation du pays, on enleva plus de dix mille hommes, femmes et enfants que l'on dispersa dans la Gaule et que l'on remplaça par des moines et leurs serfs. A peine institué à l'état de puissance rehgieuse reconnue et respectée par des princes, le christianisme accomplissait la mission qu'Iahvé avait imposée au judaïsme, mais que les Juifs avaient été incapables d'accomplir : « Tu détruiras tous les peuples que l'Éternel, ton Dieu, le livre ; ton œil sera pour eux sans pitié'. »

C'est la même mission que la papauté s'assigna plus tard, lorsqu'elle jeta l'Europe contre les musulmans de l'Asie Mineure. Alors, comme de notre temps, l'Éghse envoyait des missionnaires chez tous les peuples qui n'avaient pas encore embrassé le christianisme. C'est par des missionnaires qu'avait commencé la conquête du pays des Saxons; c'est par des missionnaires que débutèrent les croisades. Des moines s'en allaient en pèlerinage h Jérusalem, visitaient les lieux où, d'après la légende apostolique, Jésus avait prêché et prié, où il était mort, où il s'était montré après sa mort, et renouvelaient parmi les musulmans les prédications auxquelles Jésus s'était livré parmi les juifs. Les autorités et les populations de la Palestine montrèrent d'abord une grande tolérance à l'égard de ces pèlerins pieux. Le prosélytisme chrétien en fut considérablement encouragé : les prédications devinrent plus actives et plus virulentes et, bientôt, vinrent des pèlerins de plus en plus nombreux, dont beaucoup n'étaient ni moines ni prêtres. Alors s'éveilla l'hostilité des musulmans pour les chrétiens et la défiance des Arabes à l'égard des Européens ; alors aussi commencèrent à se produire des mauvais traitements, dont les pèlerins se plaignaient auprès des évêques et des papes, et qui devinrent le prétexte plausible d'expéditions analogues à celles que Charlemagne

Page 1