‹ La morale des religions [microform]Chapitre 241 sur 340 · Benzo, De rébus Jlenr.^ III, livre VIT, c · texte numérisé non relu

Benzo, De rébus Jlenr.^ III, livre VIT, c

droits et à la suprématie de toute créature humaine », ou bien : « Autant l'or est au-dessus du plomb, autant la dignité épiscopale est au-dessus de la dignité royale ; la première a été établie par la bonté divine, la deuxième par l'orgueil humain * » ; et encore : a Le pape est l'évêque universel, il est indubitablement saint et ne se trompe jamais. A lui seul appartient de faire de nouvelles lois. Nul ne peut infirmer ses décrets, et il peut abroger ceux de tous. Aucune créature humaine n'a puissance de le juger. Son nom est le nom unique dans le monde. Lui seul peut revêtir les insignes de l'empire ; tous les princes doivent baiser ses pieds. Lui seul dépose et absout les évêques, constitue ou abolit les églises, assemble et préside les conciles ; lui seul destitue les empereurs ; c'est devant lui que les sujets accusent leurs princes, et c'est lui qui les dégage du serment de fidélité ^ » Il prétendait que le droit émane uniquement de la sainteté ; et que « quiconque vit en état habituel de péché n'est ni prince ni évoque » ; aussi disait-il des rois : « L'Eglise romaine leur a conféré le pouvoir, non pour leur propre gloire, mais pour le salut de leur peuple », et du pape : « Il enseigne, exhorte, punit, corrige, juge, décide, car tout lui est soumis, et les alFaires spirituelles et temporelles doivent être portées à son tribunal \ » En application de ces principes, il écrivait aux évêques de France, relativement au roi Philippe I : « S'il ne veut pas s'amender, qu'il sache qu'il n'échappera pas au glaive de la vengeance apostolique. Je vous ordonne alors de mettre son royaume en interdit ; si cela ne suffit pas, nous tenterons avec l'aide de Dieu, par tous les moyens possibles, d arracher le royaume de France de ses mains, et ses sujets, frappés d'un a nathème général, renonceront à son obéissance, s'ils n'aiment mieux renoncer à la foi chrétienne. Quanta vous, sachez que si vous montrez de la tiédeur, nous vous regarderons comme complices du même

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