Ibid., chap. v
MORALE FAMILIALE DE LiSLAMISME
clément et sage ne faisait éclater sa miséricorde pour vous, il punirait à l'instant le parjure '. »
Au point de vue des devoirs religieux, le Koran n'établit aucune différence entre l'homme et la femme. Celle-ci est tenue aux prières, aux jeûnes, aux aumônes et même à la guerre sainte et au pèlerinage, mais elle ne s'acquitte de ces deux derniers devoirs que comme les vieillards, les infirmes et autres incapables, en aidant de ses deniers les pèlerinages et les guerres, en soignant les blessés, etc. Les femmes de Mahomet pratiquaient rigoureusement les prières, les jeûnes et les aumônes, et l'une d'elles l'accompagnait à la guerre. Dans les premiers temps de l'islamisme, les femmes fréquentaient même les mosquées; elles en furent dispensées en raison du trouble que leur présence était susceptible de déterminer parmi les hommes; mais elles sont tenues aux mêmes prières que ces derniers. La Loi de Mahomet fait donc aux femmes, dans le domaine religieux, un sort très supérieur à celui qui leur est attribué par la Loi de Moïse. La première lui accorde en outre plus de considération morale, mais elle l'astreint, en revanche, à une existence beaucoup plus dure, en l'écartant tout à fait de la société des hommes et en l'obligeant, même dans l'intérieur de la famille, à vivre isolée.
L'obligation du voile et l'isolement de la femme musulmane peuvent être considérés comme des conséquences de la polygamie étendue que le Koran autorise. L'homme est obligé de prendre d'autant plus de précautions, pour s'assurer de la fidélité de ses femmes, qu'il en possède un plus grand nombre. La nature est, d'ailleurs, souvent plus forte que les précautions ne sont minutieuses, et les femmes musulmanes ne passent pas pour être plus fidèles que les autres. Mahomet avait, sans doute, prévu l'insuffisance des mesures que lui-même prescrivait, car il insiste sur la bienveillance et la justice dont le mari doit faire preuve à l'égard de ses femmes. Il lui fait recommander par le Koran de traiter toutes ses épouses de la même manière, alors même