Le Koran, chap. iv, gS
a. Ibid., chap. 11, 178, 174.
lence que vous leur aurez faite. — Mariez les plus sages de vos serviteurs et de vos esclaves. S'ils sont pauvres, Dieu les enrichira. 11 est libéral et savant. * » L'esclavage n'en est pas moins la plaie de la plupart des sociétés musulmanes ; non point tant en raison de la manière dont les esclaves sont traités, qu'à cause des pratiques auxquelles se livrent les marchands d'esclaves et leurs pourvoyeurs, et en raison des mœurs détestables qui ont l'esclavage pourpoint de départ. Tandis que l'esclave a disparu des sociétés chrétiennes, il persiste encore à notre époque parmi les musulmans. La polygamie n'est pas étrangère à ce fait. Beaucoup de jeunes fdles sont achetées par les riches musulmans pour servir à leurs plaisirs ou pour surveiller leurs femmes. C'est surtout à cette dernière fonction que sont employés un grand nombre d'esclaves maies dont on fait des eunuques.
D'une façon générale, la morale sociale du Koran est moins dure que celle du judaïsme et du christianisme. Le Dieu de Mahomet est plus indulgent que celui des juifs et des chrétiens. « Ne faites point de violence aux hommes à cause de leur foi » dit un verset du Koran. « Dieu n'exigera de chacun que selon ses forces » lit-on dans un autre. La faute, pour le Koran, résulte non du fait lui-même, mais de l'intention qui l'a précédée. « Dieu ne vous punira pas pour une parole échappée dans vos jugements. 11 vous punira si vos cœurs y ont consenti. Il est indulgent et miséricordieux ^ » Le croyant, d'ailleurs, ne doit pas être moins indulgent envers les autres que Dieu ne l'est pour lui. « Pardonnez le tort que vous avez souffert. Dieu est indulgent et puissant \ » Il promet le paradis « à ceux qui, maîtres des mouvements de leur colère, savent pardonner à leurs semblables*. »
La loi de Mahomet se montre beaucoup plus rationnelle et plus morale que celle de Moïse et des chrétiens, en ce qu'elle n'inflige à chaque homme que la punition de ses