Fu8TEL DE CouLANCES, La cité antique, livre II, chap. ii
LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
au lieu de le partager ils le repoussaient. Puis, au lieu de prier, ils prononçaient des formules d'un caractère étrange, sévère, haineux, effrayant, une sorte de malédiction par laquelle la femme renonçait au culte et aux dieux du mari. » La femme mariée sacrifie elle-même au foyer et aux dieux du mari, elle porte le repas funèbre aux ancêtres de son mari; « elle aies mômes dieux, les mêmes i-ites, les mêmes prières, les mêmes fêtes que son mari » ; elle est entrée en partage de la religion du mari; elle est devenue la fille de son mari ' et c'est en sa qualité de père que le mari a des droits sur elle. Sa place dans le sacrifice adressé au foyer et aux ancêtres est nécessaire. « C'est elle qui a la charge de veillera ce que le foyer ne s'éteigne pas. C'est elle surtout qui doit être attentive à ce qu'il reste pur : elle l'invoque, elle lui offre le sacrifice. Elle a donc aussi son sacerdoce. Là où elle n'est pas, le culte domestique est incomplet et insuffisant. C'est un grand malheur pour un grec que d'avoir un foyer privé d'épouse, dit Xénophon. Chez les Romains, la présence delà femme est si nécessaire dans le sacrifice que le prêtre perd son caractère en devenant veuf. On peut croire que c'est à ce partage du sacerdoce domestique que la mère de famille a dû la vénération dont on n'a jamais cessé de l'entourer dans la société grecque et romaine. De là vient que la femme porte dans la famille le même titre que son mari : les Latins disent /)a/cr-/amt7ias el maier-familias, les Grecs ol)to56(nr6Ty,ç et o(xo^é<77roiva, les Hindous grihapati et grihapatni De là vient aussi celte formule que la femme prononçait dans le mariage romain : IJbi tu Caius, ego Caia, formule qui nous dit que si dans la maison il n'y a pas égale autorité, il y a au moins dignité égale *. » Comme nous voilà loin des Hébreux, chez lesquels la femme n'avait aucune participation à la religion, était tenue à l'égard du culte, ne recevait aucune connaissance des Livres sacrés, et, presque toujours, adorait d'autres divinités que celle des hommes de sa race.
I. FusTEL DE CouLANCEs. La cité onttque, lÎTre II, ch. ii. a. Ibid., livre 11, cliap. ix.
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