‹ La morale économiqueChapitre 23 sur 242 · WA · texte numérisé non relu

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Enfin dans la consommation. Supposons que le consom^

hmateur emploie le revenu légitime qu'il aura acquis, à titre ide producteur et de coparticipant de la production, en usant de sa liberté dans la limite de son droit, supposons, disonsjnous, qu'il emploie- ce revenu pour remplir toutes les obliga |j tions envers lui-même, envers les siens, envers la société, etc. ji que la morale lui prescrit, le résultat sera l'emploi le plus utile de toutes les valeurs ou richesses créées par la pro-/^1^ >*-> v | duction.

Bref, c'est en exerçant son activité dans les limites de son I droit et en accomplissant ses devoirs que l'homme peut jouir 1 ! pleinement du bienfait de l'ordre naturel qu'établit, et du pro- ) grès que suscite l'opération des lois économiques. C'est à ces nm • conditions seulement qu'il peut se conserver lui-même en santé et en vigueur, élever, instruire et initiera la pratique de toutes les professions et de tous les métiers utiles la gé- Inération destinée à remplacer la sienne, tout en la proportionnant en nombre au débouché qui lui est ouvert; qu'il peut accumuler enfin par le travail et l'épargne le capital indispensable à la fois pour constituer et augmenter le perj sonnel et le matériel de la production dans les proportions requises parla nature des entreprises, multiplier la richesse I au maximum et la distribuer de la manière la plus utile.

On voit donc qu'il y a un complet accord entre l'opération des lois économiques et celle des lois morales. En suppoA sant que tous les droits et les devoirs qui sont la matière de la morale fussent exactement délimités et observés, quel /

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serait le résultat? C'est que toutes les forces dont l'homme t dispose seraient employées de la manière la plus conforme \ aux lois économiques, c'est qu'il n'y aurait point de « forces perdues ». Or si les individus successifs qui, sur toute la j surface du globe et dans toute la durée du temps, ont été et I seront appelés à l'existence et dont le recensement, si'on pouvait le faire, fournirait, le jour où l'homme disparaîtra de laJ terre, le compte total de l'espèce, si tous ces individus, I disons-nous, avaient employé dans le passé et employaient I dans le présent et l'avenir utilement leurs forces, l'humanité \ atteindrait le maximum de puissance auquel sa nature et les I conditions de son existence lui permettent de s'élever.

Ce maximum de puissance qu'est-ce qui l'empêche de l'atteindre? C'est l'inobservation des lois morales. Tout manque- •. Ifc^-ment aux droits que la morale prescrit d'exercer et aux deyoirs qu'elle commande de remplir occasionne une perte de forces utiles, et la somme accumulée de ces pertes constitue le \ passif de l'espèce. C'est un poids mort qui ralentit sa marche i ascendante dans l'échelle des êtres. Les lois économiques, en ' faisant régner l'ordre et en suscitant le progrès, en dépit de t tous les obstacles que leur oppose l'imperfection de l'homme I et du milieu où il vit, mais en sacrifiant dans leur opération . automatique les forces que l'ignorance et la perversité hu- j maines détournent de leur destination utile, les lois économi-

ques, disons-nous, assurent à l'humanité, quel que soit l'usage moral ou immoral, utile ou nuisible qu'elle fasse de ses facultées et de ses ressources, un minimum d'existence et de développement. L'observation des lois morales augmente sa capacité d'existence et de progrès en diminuant la somme des « forces perdues ». 11 y a une limite au-dessous de laquelle l'humanité ne peut descendre, et une autre limite au-dessus de laquelle elle ne peut s'élever ; mais entre ces deux extrêmes règne un large intervalle, en sorte qu'il dépend de chaque individu, selon qu'il observe ou non les lois morales, de con

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