‹ La morale en action par l'historieChapitre 30 sur 67 · SOUTH KENSINGTON · texte numérisé non relu

SOUTH KENSINGTON

meuvent avec une gaucherie puissante. De temps en temps, elles lancent des jets de âamme. C'est leur manière de respirer. Des feux fixes, ronds, vous regardent comme de gros yeux menaçants. Ces monstres mugissent, grondent, et, à certains moments, éclatent comme le tonnerre. Au milieu de cette atmosphère de fumée et de feu, parmi les gigantesques volants, les énormes pinces, on voit passer rapidement de petites ombres . noires: ce sont des hommes.

L'impression est si profonde qu'elle vous écrase. Vous sentez que vous allez entrer dans quelque chose de si énorme, dans un grouillement si vertigineux, dans un tel entassement de forces actives que votre chétive personnalité vous semble encore diminuée.. Vous vous apparaissez à vous-même comme les Lilliputiens devaient apparaître à Gulliver.

Cependant au milieu de ces puissantes réalités , vous vous sentez plein de confiance. D'immenses navires de fer, se croisant, passent les uns à côté des autres, à se toucher. Au milieu, circulent de petites barques qui semblent microscopiques. Pour tous, la sécurité est complète. Il suffit à l'homme de peser sur un levier, de donner un coup de pouce à un piston, et, d'un geste, il imprime le mouvement |ou impose l'immobilité à une masse pesant des millions de kilogrammes.

Et maintenant à peine débarqué, descendez sous terre : montez dans le chemin de fer métropolitain ; voyagez dans le tunnel qui supporte au-dessus de vous des maisons, des rues remplies de voitures, de charrettes, de piétons. Au bout de dix minutes, descendez. Vous êtes à South-Kensington.

Entrez : et vous verrez, là, la première machine à

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vapeur de James Watt ; la première locomotive de Stephenson.

Ici, en présence de ces symboles de la conquête des forces de la nature par la science de Thommeje m'incline avec émotion.

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