OUI
Observation de Brouardel dans Mort et Mort subite, Observation 153. Mort subite par emphysème pulmonaire, Cité par VERNET dans sa thèse, 1873.
Femme de 47 ans. Après avoir fait un souper copieux avec son amant, elle passe la soirée à rire puis se couche avec lui. Durant l’acte du coït elle se jette à bas du lit et demande du secours. Son amant part chercher un médecin. À son retour il trouve la femme morte, étendue sur le sol, la tête contre le lit.
A l’autopsie on trouve outre les altérations résultant d’une congestion séreuse des poumons, un emphysème général.
Observation de Gumprecht dans Deustche Medicinische Wochenschrift 1899.
Mme X, âgée de 32 ans est depuis plusieurs mois abandonnée de son mari, elle entretenait depuis 2 mois des relation avec M. YŸ âgé de 22 ans. Ils se voyaient une à deux fois par semaine. Mme X désirait beaucoup l’acte sexuel mais cela la fatiguait et Ÿ remarquait souvent chez elle de la dyspnée après le coït. Ils ne s'étaient pas vu depuis huit jours, car elle souffrait de coliques, mais elle ne pouvait supporter plus longtemps la séparation. Après qu’ils eurent dîné copieusement, ils se couchèrent et le rapport sexuel eut lieu vers 11 heures et quart. Puis Ÿ se retira dans une pièce voisine pour dormir. Un quart d'heure plus tard ïl s’entendit appeler d’une voix indistincte par Mme X. Il se leva pour lui porter secours et il remarqua qu’elle avait vomi. Celle-ci, lui dit se sentir souffrante, et lui demanda de lui amener son enfant de 4 ans qui dormait dans la salle à manger. Il courut de suite chercher un médecin qu’il ne put rencontrer. Lorsqu'il revint, elle lui réclama de l’eau qu’il lui donna. Puis il se coucha ne se rendant pas compte de la gravité de la situation. Le lendemain à 7 heures il se réveilla et trouva à sa
HR
grande terreur un cadavre froid et raide dans la chambre voisine.
L’autopsie faite, on donna comme cause de la mort, un hématome gros comme une noix dans la protubérance.
Tête : Les méninges un peu tendues par du liquide clair et incolore. Les circonvolutions égales des deux côtés. On trouve du sang liquide dans les ventricules latéraux. Le quatrième ventricule est plein de sang ainsi que de sillon qui part du pédoncule droit. Dans la partie dorsale de la protubérance un gros «aillot de sang. Du sang encore dans le côté droit du cerveau. Le cervelet est pâle, un peu En seux à bord mince. L
Cavité thoracique : Dé eaede un peu dilaté, à l’intérieur, un liquide blanc et clair. De lègères tâches blanchâtres sun, tes piliers de la tricuspide et à l’orifice aortique. Le myocarde en bon état. CARE
Les plèvres légèrement adhérentes par endroits.
Les poumons peu colorés. |
Cavité abdominale : Intestin coloré en rouge clair avec quelques adhérences.
La trompe gauche adhère à la surface du ligament large. La trompe droite à la paroï postéro-latérale de l’utérus. A ouverture de l’ampoule du pus jaune et inodore s’écoule.
L’ovaire droit est gros, relié étroitement au ligament large, à l’intérieur plusieurs kystes. La muqueuse utérine est légèrement recouverte de pus.
Observation de Dervieux dans Annales médico-légales 1923.
Le dimanche 8 septembre un sieur G..., âgé de 50 ans retrouvant une maîtresse qu’il avait quitté depuis 3 ans, acceptait après un dîner pris en commun de partager la chambre de celle qu’il venait de retrouver. Vers 4 heures du matin alors qu’il était en train d'accomplir un coït normal, il poussa un cri aigu et se plaignit d’éprouver un mal de tête violent. Il se mit à gesticuler, à tenir des propos incohérents : à
AU
. À . LU . . . . ré maintes reprises 1l tenta de se lever mais comme il lui était
impossible : de se tenir debout, il faisait chaque fois des chutes sur le plancher.
L’agitation de G... augmentant celui-ci fut le lundi 9 vers 16 heures transporté à l’hôpital. Le malade qui portait des excoriations à la face fut admis dans un service de chirurgie, mais comme ses blessures n’étaient que très superficielles, il fut le madi 10, passé dans un service de médecine où il mourut le mercredi 11 à 3 heures 30 du matin.
La mort ayant paru suspecte au Parquet, l’autopsie fut ordonnée et elle donna les résultats suivants :
Examen du cadavre : La putréfaction n’est pas commencée. Des plaques parcheminées et des excoriations superficielles
parsèment la face, plus particulièrement sur la pommette
gauche et sur le nez. On en trouve également quelques-unes sur les jambes.
Ouverture du corps. — Tête : Quelques ecchymoses sous 1e cuir chevelu dans la région pariétale. Une petite quantité de sang est épanchée entre la dure-mère et la pie-mère. [Les ventricules latéaux sont très dilatés par du liquide céphalorachidien légèrement teinté de sang. Dans le troisième ventricule apparaît un gros caïllot faisant hernie à l’extérieur de l’acqueduc de Sylvius, lui-même distendu par du sang coaaulé. Le quatrième ventricule est rempli par un caillot et en outre ses parois sont dilacérées de telle sorte que les deux lobes du cervelet à peu près complètement détruits ne forment plus qu’un gros hématome.
Des coupes montrent qu’un autre foyer hémorragique récent se trouve dans le lobe QUGIpie gauche. Les artères de la base sont béantes.
Thorax : Les deux poumons sont adhérents et leurs lobes inférieurs gorgés de spume d’œdème. Le poumon gauche a
le sommet farci de tubercules en évolution. Les ganglions
trachéo-bronchiques sont très gros et plusieurs d’entre eux sont caséeux.
Le cœur est gros, flasque, surchargé de graïsse, couvert de plaques laiteuses surtout dans la région du ventricule
LS 1 ts
droit. Des plaques calcaires parsèment la naissance de l’aorte qui en est pavée sur foute sa longueur.
Abdomen : L’estomac est vide et l’intestin ne présente rien de particulier. La rate semble normale. Le foie pèse 2.090
grammes et est cirrhotique. Les reins sont gros un peu déco=
lorés mais leur substance corticale ne semble pas diminuée d'épaisseur.
Observätion inédite due à l’obligeance de M. Dervieux
Un nègre B. âgé de 26 ans, habitait dans une remise avec sept marocains. Dans cette sorte de dortoir, chacun avait un lit.
B. rentra de son travail de nuit un matin vers 6 heures. il était encore couché quand à 10 heures une femme est venue le voir. Cette prostituée, connue sous le nom de Nana, qui avait B comme client habituel, déposa sa bicyclette au pied du lit et se coucha près de son ami sans se déshabiller. Elle venait faire ses adieux car elle quittait Paris. B. se mit à sangloter, caressa la femme et voulut accomplir le coït. La femme refusa sous prétexte qu’elle n’avaït pas le temps.
La prostituée qui avait depuis huit mois des relations régulières avec B. deux ou trois fois par semaine, a déclaré que son amant n’avait jamais d’érection absolument complète. Elle a ajouté que, ce jour-là précisément, elle avait été surprise de constater que la verge de B. était très dure. Elle a masturbé B. mais sans aller jusqu’à obtenir l’éjaculation. Selon sa propre expression, elle s’est défendue « de l’avoir fait jouir d’aucune manière ».
La femme est restée couchée avec B. pendant dix minutes ou un quart d'heure et elle est partie sans avoir rien remarqué de particulier.
B. est resté dans son lit sans bouger. Vers 11 heures, comme on voulait le faire lever pour faire le ménage. on a constaté qu’il était mort, un peu refroidi et en rigidité.
Examen du cadavre : Corps bien constitué, très musclé
d’un homme ayant 1 mètre 75 de taille. Aucune trace de violences. Rien de particulier aux organes génitaux : la verge est seulement, comme longueur, de dimension très au-dessus de la moyenne.
Autopsie : Téle : rien d’anonmal.
Thorax : Poumons avec un peu de spume d’œdème agonique.
Cœur normal.
L’aorte porte une perforation arrondie de trois millimètres de diamètre dans sa partie intra-péricardique, lout à fait à sa naissance, au dessus de la valvule sigmoïde la plus interne. Des coupes ont montré que la rupture s’étail faite au niveau d’une gomme syphilitique. Le péricarde est ‘distendu par un gros épanchement de 500 centimètres cubes (gros caillot cruorique et sang liquide).
Abdomen : Estomac contenant de la bouillie alimentaire.
Intestin et rate : rien à signaler.
Foie : gros.
Reins avec une substance corticale périphérique peu | épaisse. s Analyse du sang : Aucune trace d'alcool.
CHAPITRE VI 2088 INTERET MEDICO-LEGAL ee “4 HR à 4 € LR + DA SE | me ANS Il importe de connaître la possibilité de morts subites 1e à l’occasion du coït et des excitations sexuelles, et les con- ‘4 " ditions dans lesquelles elles peuvent se produire. Il peut s'agir d’un coït normal pratiqué dans un lieu strictement F privé avec une partenaire au-dessus de tout soupçon. Mais on peut se trouver en présence d’un cas de mort, qui a ÿ suivi un coït ou une excitation sexuelle quelconque, sur- M: 2 n k ae à AC venu dans un lieu suspect et bien souvent après ou même 2 pendant une période d’hyperexcitation d’origine alcoo- #4 } COR lique. SR
En effet étant donné ces circonstances il s’agit, au sens
médico-légal du mot, de morts subites, se produisant chez
‘des sujets apparemment bien portants, et par là-même 24 suspectes. Le sujet faisait preuve à cette période de sa FR i vie d'une activité plus grande, activité qui s’allie fort bien d’ailleurs avec une hypertension permanente Len 0 outre les conditions dans lesquelles il a trouvé la mort +10 pouvaient faire illusion sur son état général. Le
% Le
Le Parquet s'inquiète et demande l’autopsie qui, ainsi que nous l’avons vu montre en réalité une mort de cause absolument banale, en dehors de circonstances spéciales, du lieu où elle s’est produite, qui, a priori, pouvait paraitre suspecte au magistrat instructeur.
On comprend en effet que pour un esprit non averti, il puisse y avoir suspicion de crime. Le sujet est mort auprès d’une amie, d’une maîtresse qui pouvait avoir intérêt à une telle disparition. Il est mort généralement après avoir mängé et bu, d’une façon plus que normale, ce qui peut faire naître l’idée d’un empoisonnement. Toutes
causes de mort, rapidement éliminées par l’autopsie.
Enfin il pourrait être intéressant de pouvoir préciser par l’examen anatomique si le coït a été réellement pratiqué, ou si le sujet est mort au cours d’une excitation
sexuelle quelconque avant que l’éjaculation ait eu lieu.
La verge turgide avant l’éjaculation devient flaccide après l'émission du sperme. Cette ampliation des organes érectiles avec rigidité et dureté est due à la réplétion sanguine causée par la dilatation des artères afférentes sous l'influence des nerfs érecteurs vaso-dilatateurs. Cette vasodilatation est produite par l’excitation cutanée de la muqueuse génitale, des papilles nerveuses du gland, transmise par le nerf dorsal de la verge au centre de l'érection
dans la moelle lombo-sacrée.
Il est facile de constater qu'au moment de l’éraction le pénis est gorgé de sang. Sur un chien en érection on lie la verge au niveau de sa base, elle reste turgide
jusqu'au moment où en l’incisant on fait jaillir un flot
Réenrer pe Graar, Depuis cette époque aucun physiolo-
giste n’a songé à attribuer l’érection à un mécanisme
autre que l'accumulation du sang dans les mailles du tissu
érectile. D'ailleurs bien des fois dans tous les amphithéätres d'anatomie on a fait, si l’on peut dire, la contreépreuve : En injectant la honteuse interne d’un cadavre on à aussitôt une brusque érection de la verge. Il sem-
ble difficile de prouver par l’état de la verge après la
mort si le coït a été ou non accompli. Toutefois dans un
cas qui nous a été rapporté la mort était survenue au
cours d’une excitation sexuelle. La verge était encore
érection au moment de l’autopsie qui a seulement montré
une congestion intense des poumons. Ils se peut dans ce
cas, que la mort ait précédé l’éjaculation. La verge est restée turgide car tous les organes était congestionnés et la circulation de retour n’a pu se faire. |
La présence du sperme dans l’urèthre des cadavres, et même, au point où sur la cuisse repose le gland, n’est pas un argument en faveur d’un coït accompli. Ce phénomène attribué au relachement sphinctérien est en effet très fréquent et le genre de mort ne l’influe en rien.
DERVIEUX qui a fait sur ce point l'étude la plus complète
a trouvé que sur 180 cadavres pris en série, 83 seulement
ne présentaient pas de sperme dans l’urèthre.
Autant de questions qui peuvent être posées au médecinexpert, car le diagnostic post-mortem est souvent demandé. Ces cas de mort subite doivent être éclaircis et il importe de savoir si la mort est une mort naturelle ou si tel
ou tel événement n’y a point pris une part quelconque. Au
de sang. Telle est l'expérience que fit autrefois en 1685,
de vue médico-légal la connaissance de ces faits est
fs importante puisqu ’elle permet de rapporter la mort subite Fo sa vraie cause et en en éliminant d’autres de dégager " ainsi certaines responsabilités. tn
4] . ts