LOGIQUE
libre des comptes de Paris, vivant en 1570.
(5) Anne (6) Catherine
Jacques Stoppard prieure des Filles
Mlle. — morte i652. de la Croix.
soré (n) Savinien II (12) Marie ( 1 3 ) Anne 17. dit Bergerac — 1644 — 1649 poëte Jean de Serre. Charles né 1619 de
mort 1 65 5. Poussemotte.
(16) Catherine (17) Pierre II,
— 1699 sieur de Bergerac,
Jacques-Philippe vivant en 1699.
Wleughels.
inique, sieur ^20) Paul, né 1668.
, né 166 5.
Landois. —
SLR
J'ai dressé l'arbre généalogique des Cyranos au moyen des actes recueillis par feu M. Jal dans les archives de la ville de Paris, détruites en 187 1, et insérés dans son Dictionnaire de biographie et d'histoire ; Paris, 1867, gr. in-8°). Je vais développer ces éléments en les fortifiant de quelques détails dus à mes recherches personnelles, et en rectifiant certaines erreurs échappées à M. Jal. Par exemple, le vénérable biographe avait confondu Pierre- Abel III avec son frère Pierre, qui porta, lui second, le nom de Bergerac. Ce sont de toute nécessité deux personnages différents, puisqu'Abel-Pierre , époux de Marie Daussin., était mort en 1674, tandis que Pierre figure à l'acte de mariage de Catherine, sa sœur, avec J. P. Wleughels en 1699.
Un mot d'abord sur la famille de Cyrano et sur ses origines possibles.
Son auteur le plus anciennement connu , Savinien de Cyrano, est dénommé Saviniou de Tirano dans l'inventaire des archives de l'assistance publique , mais l'original en double que l'archiviste M. Brièle a bien voulu me communiquer porte lisiblement Savinian de Cirano ; la signature autographe est de Cirano. Mais comme son petit-fils écrivait Cyrano, l'y a prévalu. La confusion du T et du C est d'ailleurs fréquente dans la lecture des textes anciens. C'est pourquoi je signale aux chercheurs un seigneur de Tyranno Gombo , cité à la date de 1294,
b2 NOTICE GENEALOGIQUE
par Des Camps, p. 5 58 de son Inventaire de la Chambre des Comptes.
Les vingt et un membres de la famille de Cyrano compris dans la notice généalogique sont Parisiens, sans en excepter un seul. Les petits fiefs ou seigneuries qu'ils ont pu tenir au XVIIe et au XVIIIe siècle ne fournissent aucune lumière sur l'origine de la famille, puisqu'ils étaient d'acquisition récente, leur auteur Savinien Ier paraissant n'en avoir possédé aucun.
J'ai dit, dans ma conférence, que les portraits gravés de Cyrano de Bergerac, le poète, accusent le type caractérisé du Kymri breton ; peut-être breton est-il de trop , car on aperçoit une ressemblance assez frappante entre les traits de Cyrano et ceux de Pascal, qui était, lui, un Kymri d'Auvergne.
Je laisse donc la question d'origine, qui est hors de ma portée. Fut-elle résolue, elle ne changerait rien à ce fait, indiscutablement acquis, qu'à partir de l'année i 5 7 i , où la famille Cyrano apparait pour la première fois dans un acte public, jusqu'à l'année 1738, où elle s'éteignit, elle était et demeura invariablement parisienne.
Abordons maintenant les divers Cyranos dans l'ordre des degrés de filiation.
Ier degré. Le plus ancien des Cyranos connus est noble homme messire Savinien de Cirano , qui fut pourvu le 9 mars 1671 d'un des offices de secrétaires du roi créés par l'édit du mois de septembre 1570 [Histoire de la Grande Chancellerie de France). 11 obtint ensuite une charge d'auditeur à la Chambiî des comptes créée en 1 5 7 3 ; mais je lis à la suite de son nom sur les états des officiers de cette Chambre : non receu. La charge, toutefois, n'ayant été remplie par son successeur Philibert de Buron que le 2 5 juin 1574 'Bibl. nationale, ms. 14070), j'en infère que la maladie ou la mort empêchèrent Savinien Ier de siéger à la Chambre des comptes.
J'ai trouvé une trace nouvelle de mon personnage dans l'inventaire des archives de l'Hôtel-Dieu de Paris1, sous cette forme analytique : « 266-1. Bail à rente par Saviniou de Tirano [tic), conseiller du roi, à Guillaume Durant, marchand boucher, du quart d'une maison sise rue de la Bùcherie, à l'enseigne du Papillon. (Original et duplicata, 18 décembre 1 573.) »
Ainsi Savinien Ier était propriétaire à Paris, ce qui indique une existence précédemment assise; le contexte de l'acte , où figure également Mme de Cirano , constate qu'ils possédaient ce quart par indivis, d'où l'on pourrait inférer que la maison de la Bùcherie était patrimoniale.
A la suite de l'acte se trouve une quittance donnée par Savinien de Cirano sous la date du 16 mars 1574. Nous pouvons donc circonscrire la date de sa mort entre le 16 mars 1574 et le 2 5 juin suivant, époque de son remplacement à la Chambre des comptes. — Il ne prenait aucune qualification seigneuriale. Secrétaire du roi depuis 1 5 7 1 seulement, sa noblesse était toute récente, et j'ajoute que le manuscrit 14070 l'appelle Savinien Cirano tout court.
Quant au prénom de Savinien, qui passa à l'un de ses petits-fils, c'est le nom d'un saint du IIIe siècle qui évangélisa le pays des Sénonois, particulièrement les villes de Sens et de Troyes.
1 . Je crois rendre service aux érudits et aux curieux en les informant que la plus grande partie des archives de l'assistance publique a échappé aux incendies du mois de mai 1871, grâce aux précautions intelligentes prises par feu M. Husson et par M. Brièle, l'archiviste actuel, pendant le siège de Paris par les Prussiens. Ce précieux dépôt renferme quantité de documents et de dossiers intéressants pour les familles non moins que pour l'histoire de Paris.
Savinien 1er avait épousé dame Anne ternaire, encore vivante à Paris en 1614.
De ce mariage naquirent, je crois, quatre enfants :
(2) Abel Ier, rapporté ci-après, qui continua la postérité ; (5) Pierre, qui fiança le 11 juillet 1621 et épousa le lendemain à Saint- Germain l'Auxerrois, Charlotte Genne ; [4) Samuel, qui fiança le 24 septembre 16 16 et épousa le 2 7 à Saint-Eustache Marie de Serquevillé ; ,5) Anne, femme de noble homme Jacques Stoppart, trésorier des aumônes et offrandes du roi ; elle demeurait, lorsqu'elle mourut, au carrefour du Chevalier-du- Guet, et fut inhumée à Saint-Eustache le 20 novembre 1 6 5 2 ; 6) Catherine de Cyrano, qui figure, avec le titre de prieure des Filles de la Croix, au baptême de Marie-Catherine, sa petite-nièce, le 7 septembre 1659. Je m'expliquerai tout à l'heure sur cette parenté.
J'avais cru un peu légèrement, sur la foi de M. Jal, que Catherine de Cyrano n'était autre que la mère Marguerite de Jésus , dont M. Le Bret parle en ces termes dans sa préface biographique de l'Histoire des États et Empires de la Lune : « Cette humeur si peu soucieuse de la fortune lui fit négliger plusieurs belles connoissances que la révérende Mère Marguerite, qui l'estimoit particulièrement, voulut luy procurer. » Mais c'est une confusion dont je m'excuse sincèrement et d'où je me retire au plus vite. Perseverare diabolicum. La mère Marguerite de Jésus s'appelait Marie de Senaux, et non Catherine de Cyrano ; elle était la fille de M . de Senaux, secrétaire du roi, gentilhomme toulousain; elle mourut à Paris en odeur de sainteté le 7 juin 1657. Cette date m'est donnée par un opuscule rarissime, La Vie de la vénérable mère Marguerite de Jésus (Bibl. nat., Ln î7, 188 17, in-40), et Loret la confirme (Muse historique du 9 juin 1657).
M. Ch. Hippeau, dans une excellente notice sur Cyrano, dit que « une de ses parentes , religieuse aux Filles de la Croix dans le faubourg Saint-Antoine, avoit
beaucoup contribué à lui inspirer les sentiments religieux qui, dans les derniers temps de sa vie, lui avoient fait abjurer ses erreurs. Ce fut dans l'église de cette abbaye qu'il désira que son corps fut transporté , et il y fut inhumé en effet ».
D'autre part, je lis à la page 3 3 de l'opuscule précité sur la mère Marguerite : « Pour mieux réussir dans ses desseins, elle n'avoit nul égard au temporel de celles qui demandoient d'être reçues, mais seulement à leur vocation, qu'elle examinoit fort soigneusement, pour n'admettre dans sa communauté que de bons sujets. Par ce moyen, elle reçut des âmes d'une grâce extraordinaire... Il y en eut particulièrement deux d'une vertu si éclatante que la vénérable mère, écrivant à son monastère de Toulouse les nouvelles de leur réception , fit leur éloge en ces termes : « Dieu nous a donné deux novices, ence tre autres, qui seroient capables de faire des fondations « sans doute mille fois mieux que moy. Ce sont deux « esprits fort excellens, doux, humbles et dévots... L'une « a nom sœur Catherine de Sainte Anne (p. 3 3,. » 11 m'avait semblé que cette Catherine, si capable de faire des fondations, pouvait être précisément Catherine de Cyrano, qui, novice, puis sœur professe après 1640, date de la translation des Filles de la Croix à la rue de Charonne, servit de lien entre Savinien de Cyrano et la mère Marguerite, et qui ne tarda pas à obtenir la dignité de prieure, la plus élevée de la communauté après celle de mère supérieure.
Je n'ai pas la preuve authentique de la filiation que j'attribue à Catherine de Cyrano; cependant, cette vénérable personne ne pouvait être que la tante , la cousine ou la sœur de Cyrano Bergerac. Sa sœur, on l'aurait dit ; on n'aurait pas employé en parlant de la sœur cette expression vague « une parente ». Une cousine, cela se pourrait, en la supposant fille de Pierre Ier ou de Samuel ; mais comme Samuel ne se maria qu'en 1616 et Pierre Ier en 1621, une fille issue de l'un ou l'autre de ces mariages eut été bien jeune encore pour exercer une
influence sérieuse sur les idées de notre poète, né entre ces deux dates. Le rôle de Catherine de Cyrano dans la conversion de Savinien s'accorde, au contraire, avec l'âge et l'autorité d'une tante.
On trouve dans les papiers des Filles de la Croix, aux Archives de l'État, une Catherine de Cyrano, fille de la Croix, dite de Sainte-Hyacinthe (contrats du 18 septembre 1698, et 3o juin 1700, reçus par Mcs Henry et Huet, notaires à Paris. Archives, Filles de la Croix, L, io5c/; j'ai pu croire un instant qu'à quarantecinq ans de distance, il s'agissait de Marie-Catherine, filleule de la première voir ci-après au n° 14); mais les notes qui m'ont été fournies par la précieuse obligeance de ma Rév. Mère madame la prieure du couvent des Filles de la Croix, prouve que Catherine de Cyrano y vécut soixante années consécutives après sa profession ; en effet, les archives du couvent montrent que sœur Catherine de Cyrano, dite de Sainte-Hyacinthe ce ne serait donc pas la sœur Catherine de Sainte-Anne, désignée par la R. Mère Marguerite de Senaux), prononça ses vœux le 28 avril 1642, fut sœur discrète en 1687 et mourut le 17 février 1702. Quant à son prieuré, constaté par l'acte de baptême de Marie-Catherine, il n'y en a plus de traces au couvent, dont les registres, portés aux Archives en 1793, n'existent plus aujourd'hui.
(Sur le couvent des Filles de la Croix et sur la mère Marguerite de Jésus, qui au milieu du XVIIe siècle exerçait sur la haute société parisienne une sorte de dictature spirituelle, consulter, outre l'opuscule précité, les mémoires du temps, la Muse historique de Loret, les Historiettes de Tallemant des Réaux, le Dictionnaire historique de la Ville de Paris, de Hurtaut et Magny, articles Filles de la Croix et Saint-Thomas-d'Aquin, etc.)
II. Noble homme Abel Ier de Cyrano V, écuyer, sieur de Mauvières , fils aîné de Savinien Ier de Cyrano et d'Anne Le Maire.
Fut marié le 3 septembre 161 2 à Saint-Gervais avec damoiselïe Espérance Berenger. I! demeurait alors rue des Prouvaires, paroisse Saint-Eustache.
La date de leur mort est inconnue ; on sait seulement qu'ils n'existaient plus en 1649.
On peut choisir le fief de Mauvières entre les quatre localités suivantes, sans compter celles du même nom qui pourraient exister encore :
i° Mauvières Ilie-et-Vilaine), avec un château, commune de la Mézière , canton d'Kedé, arrondissement de Rennes ;
20 Mauvières (Indre), canton de Belabre, arrondissement du Blanc ;
3° Mauvières (Indre-et-Loire), commune et canton de Loches;
40 Mauvières Seine-et-Oise) ; c'est un simple moulin dans la commune de Saint-Forget, canton de Chevreuse, arrondissement de Rambouillet.
Mme Abel de Cyrano est dénommée « damoiselïe Espérance Berenger » en son acte de mariage ; ailleurs on l'appelle Bellanger. Mais Le Bret dit expressément que Mme de Neuvillette était parente de Cyrano « du coté de la noble famille des Berangers. •» Je n'ai pu jusqu'à présent, éclaircir cette parenté. Il y a eu bien des Beranger, Berenger et Bellanger, outre l'iliustre maison des Berenger de Sassenageen Dauphiné.
J'ai découvert, cependant, quelque chose de curieux.
On lit au tome VII du grand Épitaphier de l'Arsenal, l'épitaphe suivante, recueillie dans l'église Saint-Eustache : «. Cy gist honorable homme Antoine Bellanger, marchand bourgeois de Paris, mort le 2 3 décembre 1 588 ; et Fleurance Tricot, sa femme, morte le 4 février 1587. » Il me semble bien tenir là les véritables père et mère de Mme Abel 1er de Cyrano; pour moi, je me persuade que cette Fleurance doit être, de droit, la mère de cette Espérance. Remarquez en passant que ce sont là des prénoms à la mcde du Dauphiné.
Mais voici un autre détail singulier.
VÉpitaphier donne les armes des époux Bellanger. Fleurance Tricot portait d'azur au sautoir d'or cantonné de quatre colimaçons d'argent; pour Antoine Bellanger, il portait d'azur au chevron d'or, accompagné en chef de deux besans et en pointe d'une couronne de marquis du même. Ces Beilanger étaient-ils des Berenger? Existaitil entre eux et les marquis de Berenger un lien mystérieux ? c'est ce que je ne saurais dire.
Il faut même ajouter, pour l'exactitude des faits, que VEpitaphier manuscrit de la Bibliothèque nationale Ép taphes de Paris, t. II, p. 3 5 5) donne aux époux Bellanger des armes absolument différentes; pour lui, de gueules à un hexagone composé de deux triangles d'or, à l'étoiie du même en cœur ; pour elle d'azur, à l'épi d'orge avec sa tige d'or, accompagné en chef de deux chapelets d'argent, chacun rempli d'une rose du même avec la tige de sinople.
Mais les armoiries de l'Arsenal méritent plus de confiance, parce qu'elles ont été relevées, dessinées et enluminées avec soin ; dans VÉpitaphier de la rue Richelieu elles sont grossièrement esquissées à la plume.
Du reste il n'y a guère de doute que ces Bellanger marchands ne soient les auteurs de Mme Abel Ier, car un autre Bellanger, nommé Simon, et qualifié marchand, figure comme premier témoin au mariage d'Abel II, ciaprès.
Du mariage d'Abel Ier de Cyrano avec Espérance Beranger ou Bellanger naquirent sept enfants, savoir :
(7) Abel II, rapporté ci-après, qui continua la postérité; (8) Den\s, baptisé le i3 mars 1614 à la paroisse Saint-Eustache, les père et mère demeurant toujours rue des Prouvaires ; le parrain fut Denys Feydeau, conseiller et secrétaire du roi ; la marraine, Mme Anne Le Maire, veuve de Savinien Ier de Cyrano , grand'mère de l'enfant ; (9; Anthoïne, baptisé le 11 février 1616 à Saint- Eustache ; la marraine fut Anne de Cyrano (Mme Stop-
pard , tante de l'enfant; (10) Honoré, baptisé le 3 juillet 16 17 à Saint-Eustache ; le parrain fut M. Honoré de Barentin, trésorier des parties casuelles ; (11) Savinien II de Cyrano , baptisé à Saint-Sauveur le 6 mars 16 19; le parrain fut M. Antoine Fanny, conseiller du roi et auditeur en la Chambre des comptes; la marraine, damoiselle Marie Feydeau, femme de messire Louis Perrot, secrétaire du roi. Il mourut, comme on sait, en 1 6 5 5 , et fut inhumé dans l'église des Filles de la Croix, rue de Charonne, d'après la relation de Le Bret, confirmée par Hurtaut et Magny [Dict. hist. de la Ville de Paris, t. III, p. 2 5), confirmée par la déclaration de madame la prieure actuelle du couvent. Le fils et la femme de son protecteur le duc d'Arpajon y furent inhumés après lui. D'où venait le nom de Bergerac qu'il a porté ? Peut-être un nom de guerre, choisi pour rimer avec ceux des gentilshommes gascons qui formaient la compagnie de M. de Carbon de Castel-Jaloux, où il s'enrôla. Cependant son neveu Pierre prit la qualification de sieur de Bergerac dans un acte public en 1699. Bergerac était-il réellement un fief ou une petite seigneurie, et, dans ce cas, comment aurait-il passé de Savinien II de Cyrano au plus jeune de ses quatre neveux, sans s'arrêter entre les mains d'aucun de ses trois frères , ni des trois frères aines de Pierre II? Je ne sais. Mais si Bergerac est un nom de fief, il devient clair comme le jour que de tous les Bergerac de France , la ville de Bergerac en Périgord est la seule qui n'ait rien à voir dans la question, attendu qu'au XVIIe siècle elle relevait nùment de la couronne de France ; pas n'est besoin de démontrer qu'elle n'appartenait pas en fief à un cadet de famille parisien. Je trouve en 1700 une petite seigneurie de Bergerac en Bretagne, qui appartenait à M. Le Roy (Gourdon de Genouillac , Dict. des fiefs); et il existe dans le Puy-de-Dôme un autre Bergerac, hameau de 28 habitants, commune d'Ars. Mais, après tout, peut-être Pierre II ne portait-il le nom de Bergerac qu'en souvenir de son oncle. Il est à remarquer que Savi-
nien signa toujours Cyrano-Bergerac , et non de Bergerac, ni le sieur de Eergerac , comme il n'eut pas manqué de le faire s'il eût possédé la plus petite terre. Et si ses contemporains le nommèrent quelquefois M. de Bergerac, c'était à la fois courtoisie et ignorance du fait. Bergerac reste à mes yeux un nom de guerre, rien de plus, rien de moins; (12) Marie, mariée le 8 février 1644, à Saint-Eustache, à Jean de Serres, commis de M. de Maucroix, intendant des finances. Mme de Serre vendit en 1675 à M. Marotin, trésorier du duc de Vendôme, deux maisons dos à dos donnant sur la rue de Bièvre et la rue des Bernardins, qui appartinrent plus tard aux Bochart de Saron et à la famille de Braque; ,'i3) Anne, femme de Charles de Poussemotte, écuyer, sieur de Tiercarville ; elle fut marraine le 28 janvier 1649, de Jean-Baptiste de Serre, son neveu," fils de sa sœur Mnie de Serre.
III (7). Abel II de Cyrano, fils aîné d'Abel Ier et d'Espérance Beranger, porta comme son père le titre de sieur de Mauvières, auquel il joignit celui de « gentilhomme de Sa Majesté ». On ignore la date précise de sa naissance , qui peut être fixée approximativement à i6i3.
Fiancé le 3o juin 1649, il se maria le lendemain, ier juillet, en l'église Saint-Jacques du Haut-Pas, à Marie- Michelle Marcy, fille de feu Simon Marcy et de feu Perrette Du Four, en présence de Simon Belianger, marchand, Nicolas Guyot et Gervais Le Verrier, bourgeois de Paris. On sait qu'il était mort avant 1699.
Ils eurent quatre enfants : ( 1 4) Marie Catherine IIe, née le 7 septembre 1659, baptisée le lendemain à Saint- Jacques du Haut-Pas ; le parrain fut Charles de Baroles, conseiller et aumônier du roi , et la marraine la révérende mère Catherine de Cyrano, prieure du couvent des Filles de la Croix, qui se -fit remplacer par damoiselle Magdeleine de Borge ; (i5) Pierre Aeel III, rapporté ci-après, qui continua la postérité; (i6j Catherine III,
naissance inconnue; épousa, le 2 mars 1699, à Saint- Benciî, Jacques-Philippe Wleughels, fils de Philippe et frère de Nicolas Wleughels, peintres du roi; (17) Pierre II, qui fut témoin à l'acte de mariage de sa sœur Catherine et s'y qualifia sieur de Bergerac ; mais il signa Cyrano tout court. Il demeurait sur la paroisse Saint-Benoît.
IV. Pierre-Abel III, fils d'Abel II et de Marie-Michelle Marsy. Marié à Marie Daussin. Prenait en 1661 les titres de noble homme, conseiller du roi et trésorier général des aumônes, offrandes et dévotions de Sa Majesté. C'était la charge autrefois remplie par son grand-oncle Stoppard , mari d'Anne de Cyrano. Il demeurait rue des Prouvaires. Un mort, le qualifie sieur de Cassan.
Ii eut trois enfants : 18) Marie-Elisabeth, baptisée le 7 avril 1661 à Saint-Eustache; mariée à Jean Choffler, maitre apothicaire à Pontoise ; enterrée à Saint-Benoit de Paris, le 19 mars 1738, âgée de 77 ans 5(19) Hierosme- Dominique, rapporté ci-après, qui continua la postérité ; '20) Paul, né en 1668, baptisé à Saint-P«.och le 2 avril 1674 avec son frère aine, dans les circonstances qu'on va lire.
V. Hierosme-Dominique , deuxième enfant de Pierre- Abel III, né en mars 166 5, fut baptisé à Saint-Roch le 2 avril 1674, en même temps que son frère puiné Paul, par les soins de leur mère devenue veuve, le premier étant âgé de neuf ans un mois et dix jours, le second de cinq ans sept mois et dix jours. Les parrains et marraines furent « quatre bons pauvres ».
Hierosrne Dominique prenait le* titre de sieur de Saint- Laurent. Il était veuf en 17 19 de Simonne Landois; il se remaria le 24 février 1 72 1 , à Saint-Paul, à Marie Cher bois, couturière, demeurant rue Saint Antoine; les témoins furent Gilles Barbier, cuisinier, rue Saint-Antoine, et Guillaume Vaucoret, maitre à danser.
-j2 NOTICE GENEALOGIQUE, ETC.
Il demeurait rue Bourtibourg.
M. Jal n'a signalé qu'une fille issue du second mariage de Hierosme-Dominique, mais il a omis de nous dire son nom. Cette fille, la dernière des Cyranos connus, fut baptisée le ier novembre 1728 ; elle eut pour parrain Nicolas Edelinck, graveur du roi, demeurant rue Saint-Jacques, paroisse Saint-Benoît.
La généalogie que je viens d'établir, et qui démontre l'abaissement douloureux où tombèrent successivement les descendants de Savinien Ier, embrasse une étendue de six degrés, y compris la filleule d'Edelinck , et une durée de cent soixante-huit ans, de 1570 à 1738.
PIÈCES JUSTIFICATIVES
PIECES JUSTIFICATIVES