HUTCHINSON
Presbytériens, car c'est à vous seuls que je m'adresse, je hais autant votre modération que la violence de l'armée. Vous avez perdu l'Angleterre en composant avec les principes. Il y a long-temps que nous devrions être délivrés du trône et des généraux ambitieux qui nous oppriment. C'est vous qui, au lieu d'élever votre noble pavs au rang des repu-
bliques, avez imposé au roi des conditions qu'il ne devait pas accepter ; c'est vous qui avez donné à l'armée, en éternisant le commandement dans les mêmes mains, cette audace dont vous voyez aujourd'hui les déplorables effets. Vous n'avez su ni consolider la monarchie constitutionnelle, ni créer la véritable liberté. Ployez donc sous les conséquences de votre conduite impolitique et lâche, et jetez -vous dans les bras du roi pour vous soustraire au glaive de Cromwell. Mais que dis-je? L'un est captif, et l'autre, couvert de lauriers et de gloire! Il ne vous reste plus qu'à reculer devant les prétentions illégitimes de Charles Stuart, qu'à reculer inutilement devant un sceptre, car l'ennemi de nos libertés marche sans obstacle au pouvoir souverain. Fort de la force que vous lui avez donnée, il vous écrasera de son épée, de son nom, de son génie.