SCÈNE XLIII
(Aux environs de la maison de Laguesle).
J AGOTJES CLEMEN I ; il se promène, son bréviaire à la main. UN VALET de Laguesle.
LE VALET, un peu loin de Clément ( ) .
S'il lit toujours son bréviaire, je n'aurai pas grand' chose à dire à mon maître.
CLÉMENT
C'est Dieu qui a écrit tOUt Cela. ( Il ferme son livre.)
J'ai l'ait des mensonges à M. d'Epernon , mais le ciel
(*) Il faut supposer que les personnages parlent ici à de longs intervalles
me les pardonnera, car mentir pour de bons motifs, ce n'est pas mentir... Asseyons -nous ici, et pénétrons-nous encore de la parole de vie. (il s'assied sur
une grosse pierre , et se remet à lire. )
LE VALET
Asseyons-nous aussi. ( il s'assied.) Que le diable emporte ce maudit moine!... Me faire croquer le marmot en plein soleil...
CLÉMENT, qui a reconnu le valet de Laguesle , se lève et vient à lui.
Vous venez aussi prendre l'air.
LE VALET
Presque malgré moi , car il fait une chaleur...
CLÉMENT
Qui vous y force?
LE VALET
Quand mon service est fait , je m'ennuie à la maison.
CLÉMENT
Moi , je ne m'ennuie nulle part.
LE VALET
Je le crois sans peine : vous lisez toujours.
CLÉMENT
C'est que rien n'est plus beau que la parole de Dieu.
Mo LA MORT DE HENRI III.
LE VALET
Que vous êtes heureux de savoir lire!... Ne voulez-vous pas rentrer?
CLÉMENT
Je le veux bien , car j'ai très soif.
LE VALET
Venez avec moi ; je vous donnerai un verre de vin.
CLÉMENT
J'aime mieux l'eau.
LE VALET
Soit : un verre d'eau, mais vous en boirez foui seul.
( Clément et le valet rentrent chez Laguesle).