GENTILHOMME
BELLEGARDE, au Roi.
Sire, M. de Laguesle est là avee le jeune moine qu'il doit vous présenter (*).
Qu'ils entrent.
LAGUESLE
Je présente à Votre Majesté le jacobin rloilt p lui ai parlé hier.
Je commence heureusement la journée, car mon cœur s'épanouit toutes les fois que je vois un moine (80). (ACiémeut.) Approchez-vous, mon père. ( Clément fait quelques pas. ) Comment se porte monsieur du Harlay ?
(*) Il y a ici quelque ehose de bien étonnant. Comment se fait-il que M. de Laguesle, qui se défiait de Clément , n'ait pas eu l'idée de le ((Millier ? il eût trouvé le couteau, el le roi était sauvé.
n8 LA MORT DE HENRI III.
CLÉMENT
Sire, monsieur le premier président se porte bien et vous baise les mains (81). ( Avec assurance ) Je suis envoyé vers vous pour vous remettre une lettre de la plus grande importance , et pour vous dire quelques mots que personne ne doit entendre.
Il donne an roi la prétendue lettre de M. dn Harlay, et se met à genoux. Le roi, après avoir lu la lettre , se baisse pour entendre ce que Clément doit lui dire en particulier. Celui-ci tire un couteau de ea manche. Meurs, impie. Il frappe le roi , laisse le couteau dan* la plaie, et reste à genoux les mains croisées sur la poitrine.
Scélérat ! Tu m'assassines. . ! Il tire le couteau de la plaie et en donne deux coups dans le visage de Clément. JVIlsérable ! Que t'ai -je fait (82)? Le roi tombe. Des gardes entrent , et se jettent sur Jacques Clément.
LAGUESLE
Ne le tuez pas, ne le tuez pas.
CLÉMENT
Frappez, frappez... le ciel est ouvert...
(Il est tu«).
( Laguesle et Bellegarde relèvent le roi ).
d'épernon.
Le monstre ! J'en avais le pressentiment.
L EN ON COUR T
Horrible fanatisme !
LA GUE S LE
Et c'est moi qui suis cause...!
HENRI III, d'une voix affaiblie.
On a eu tort de le tuer... Il fallait le faire parler... pour savoir...
( Le roi s'évanouit, et on le porte dans sa chambre à coucher). (Quelques gardes jettent Clément par la fenêtre).