‹ La Mort de Jean-Jacques RousseauChapitre 2 sur 2 · VOLTAIRE ROUSSEAU · texte numérisé non relu

VOLTAIRE ROUSSEAU

Crâne, diamètre ant.-post. . 16 17

— — transversal. i3 14, 5

Fémur 43 41

Tibia 35 34

Humérus Sa 29

La mensuration des crânes, dit le D"" Ch, Monod, a été faite au niveau d'une section horizontale qui passait à la hauteur de la protubérance occipitale.

Voici les résultats approximatifs que nous avons obtenus pour la taille et l'indice céphalique.

D'après les tables de Rollet dont il est fait usage dans notre laboratoire, ou en multipliant la longueur des trois os longs par les coefficients que nous avons fixés, nous avons trouvé, comme moyenne, pour :

Voltaire une taille de l'^ôo à l'^ôa.

Rousseau était de plus petite taille : celle-ci atteignant probablement une hauteur de i^SS à i™55.

L'indice céphalique du crâne de Voltaire est de 81,2; celui de Rousseau est de 85,2.

Ces indices, pris sur le crâne, doivent être augmentés de deux unités pour fixer l'indice sur le vivant.

D'après la classification de J. Deniker, Voltaire, avec l'indice de 83,2, était un sous-brachycéphale ; Rousseau, avec l'indice de 87,2, était un hyperbrachycéphale.

Les causes de la mort de Jean-Jacques ont été de nouveau discutées récemment.

En 1884, le D»" Môbius a avancé dans un ouvrage, Histoire de la maladie de Rousseau, que la mort du philosophe est d'origine cardiaque, il y a eu « paralysie du cœur ».

« Sur la cause réelle de la mort de Rousseau, dit-il, on ne peut faire que des suppositions. Pour moi, la plus probante, serait celle d'une paralysie du cœur. Des altérations imperceptibles du cœur pouvaient bien échapper aux experts en 1778. L'épanchement d'un liquide séreux dans l'espace subdural ne doit guère être considéré que comme une apparition secondaire, comme une conséquence de l'atrophie du cerveau qui a dû se produire à un haut degré dans l'état oii se trouvait Rousseau. Evidemment, la présence d'une telle quantité de sérosité est étrange, mais peut-être n'est-ce là qu'une approximation. »

Le D'' Cabanes, dans ses Indiscrétions de V Histoire (juin 1909), pose ainsi la question : Rousseau s'est-il suicidé? et conclut : « Qu'on discute encore, entre professionnels, sur la nature de l'affection qui a mis fin à l'existence de Rousseau; qu'il s'agisse d'un ictus cérébral sans qu'on puisse préciser davantage (Sibiril, thèse de la Faculté de Médecine de Bordeaux, 1900); d'une paralysie du cœur^ diagnostic

beaucoup plus contestable (Môbius) ou d'une apoplexie séreuse qui nous paraît l'hypothèse la plus probable ; désormais, bonne justice est faite de la version, si longtemps en crédit, du suicide, version que tous les témoignages contredisent et que l'exhumation du Panthéon a définitivement reléguée au rang des légendes de l'histoire. »

Girardet dans sa thèse (la Mort de J.-J. Rousseau, Lyon, juillet 1909), faite dans notre laboratoire, dit nettement : « L'étude des circonstances du fait, des pièces à conviction, des expertises^ démontre que Rousseau ne s'est suicidé ni par le poison, ni par une arme à feu; il n'a pas été assassiné et n'a pas été victime d'un homicide par imprudence. Rousseau est mort d'urémie. »

Rousseau, semble-t-il, a eu une attaque d'urémie. Nous avons déjà signalé les troubles éprouvés, les étourdissements et tout un ensemble symptomatique qui se trouve dans le tableau clinique de la néphrite interstitielle ^ Les médecins de 1778 ne se sont pas trompés en parlant d'apoplexie séreuse. Peut-on sérieusement leur reprocher de n'avoir pas constaté la sclérose rénale indiquée seulement par Bright en 1827. Mais, de nos jours, les médecins légistes se préoccupent-ils depuis longtemps de l'état des capsules surrénales? Il est évident que nous ne pouvons d'une façon certaine, affirmer que Rousseau était atteint de néphrite interstitielle, toutefois cette supposition est des plus probables.

Notre diagnostic a été adopté par Girardet, et nous sommes satisfaits de nous être rencontrés dans cette opinion avec le professeur Achard.

1 II ne faut pas l'oublier, le rein des vieillards est toujours plus ou moins rétracté, et on doit tenir compte des relations du cœur et des reins chez les artério-scléreux et les cardiaques.

5o LA MORT DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU

Dans sa lettre au D'" Cabanes, le professeur de pathologie et de thérapeutique générales à la Faculté de Médecine de Paris rappelle que, dans le traité de Grisolle, un chapitre est consacré à l'apoplexie séreuse qui s'observe surtout dans les cas de lésions rénales et d'albuminurie. On sait qu'il existe des urémies à forme apoplectique ou foudroyante et parfois si brutale que Ton a pu croire à un empoisonnement. On expliquait alors l'intoxication des centres nerveux par les poisons de l'urine. Depuis quelques années, les travaux sur l'hypertension et les ponctions rachidiennes ont rendu compte de l'hydrocéphalie des néphrites. « Il est certain qu'on trouve assez fréquemment, à l'autopsie des urémiques, un liquide surabondant sous les méninges et dans les ventricules du cerveau, et parfois en même temps de petites sufFusions sanguines sous la pie-mère. »

Le professeur Achard conclut ainsi : « Nous pouvons bien dire de quoi Rousseau n'est pas mort, mais nous ne pouvons décider quelle maladie l'a tué, et l'opinion des médecins qui ont fait son autopsie ne nous paraît pas déjà si dépourvue de vraisemblance. »

Nous croyons utile d'insister sur certains faits qui se sont produits peu de temps avant la mort de Rousseau : ils expliquent la rapidité de celle-ci après la manifestation de symptômes graves et douloureux qui ont duré plus de trois heures*.

Définissons d'abord la mort subite : c'est la cessation brusque de la vie succédant aux effets rapides et imprévus de cause interne ou pathologique^ en dehors de toute action mécanique ou toxique. Il doit être entendu que les individus qui prennent un poison violent comme l'acide prussique, ceux qui se jettent d'un sixième étage dans larue,ue meurent pas de mort subite.

' Consulter la thèse de C. Tournier : De l'Apoplexie séreuse, Lyon, 1892.

LA MORT DE JEAN -JACQUES ROUSSEAU 5l

Bichat avait ainsi formulé le Irépied vital : on meurt par le cerveau, parles poumons et par le cœur. De nos jours, nos classifications sont plus étendues et plus précises que celles de Devergie et de Tourdes. Les maladies du rein sont mieux étudiées et Brouardel a montré la fréquence de la mort subite chez les rénaux. D'autres ont insisté sur l'influence des adhérences pleurales et de la réplétion de l'estomac.

Sous l'influence d'une dépendance interorganique, nous savons que la mort subite peut se produire par la défaillance d'un appareil qui retentit à son tour sur le fonctionnement d'un autre organe. C'est la séquelle des affections. lien est ainsi dans les maladies générales que caractérisé l'altération des humeurs (diabète, albuminurie, urémie).

Le rôle d'un traumatisme léger, c'est-à-dire qui aurait été sans gravité chez un homme sain, peut devenir cause de mort subite chez des individus porteurs de lésions des centres nerveux. C'est ce qu'ont prouvé les expériences de Polis et de Paulesco. D'après Polis (1894), la commotion cérébrale se produit facilement quand le cerveau est anémié : le moindre choc peut être suivi de mort. C'est ce qui s'est passé pour Rousseau : son cerveau avait une circulation défectueuse et le choc produit par la chute a déterminé une commotion mortelle. Ajoutons encore que Paulesco a fait voir en 1899, par des expériences, les causes déterminantes et le mécanisme de la mort subite consécutive au passage de l'attitude horizontale à l'attitude verticale. Il y a alors une anémie du cerveau qui facilite la production de la commotion et en aggrave les effets. Or, Rousseau, allongé sur son lit, après le lavement que lui avait administré Thérèse, s'est levé brusquement, est allé s'asseoir sur une chaise, d'oîi quelques secondes après, il est tombé la tête en avant sur le carreau.

Ne voit-on pas, dans cette succession de faits et de circonstances, un ensemble de conditions qui ont déterminé fatalement la mort rapide et expliquent les constatations de l'autopsie?

On peut dire que Rousseau a eu une attaque d'urémie dont les symptômes se sont peu à peu aggravés. C'est le choc de la tête sur le carreau qui a provoqué une commotion cérébrale brusquement mortelle.

Il nous reste à discuter une dernière cause de mort :

En août dernier, le D^ Julien RaspaiP a posé la question sous ce titre : le Mystère de la, mort de Jean- Jacques Rousseau. Est-ce un assassinat, ou plus exactement un meurtre, ou un homicide ayant occasionné la mort sans intention de la donner ?

Le grand-père, l'illustre F.-V. Raspail (Almanach météorologique pour Vannée iS70, p. 160-161), a décrit le moulage de la blessure : « Les traces et l'empreinte de l'enfoncement sur le centre du front se dessinent parfaitement ; ce n'est nullement le passage d'une balle qui, du reste, eût fait voler en éclats tout le crâne, ou laissé deux trous bien visibles et opposés, ce qu'auraient remarqué nécessairement et Houdon et les médecins appelés à faire l'autopsie.

« Le trou du front est déchiqueté comme le sont les coups portés par un marteau ou un autre instrument contondant; l'os du front a cédé sous la force du coup ; on distingue çà et là les éraillures du bord. »

Le petit-fils de F.-V. Raspail, possesseur du moulage fait

i Grande Revue, 10 août lyia.

par Iloiidon, indique les origines de ce masque mortuaire en plâtre et y signale au moins trois lésions traumatiques. Celles-ci ont été produites « par un même instrument contondant, dont la nature m'échappe entièrement — je l'avoue — peut-être était-ce une panne de marteau déformée et màchurée par un long usage ». On le voit, iM. J. Raspail est plus précis que son grand-père : celui-ci parlait d'instrument contondant, tel un coup de marteau. Le petit-fils spécifie même la partie de l'instrument qui a frappé, la panne, et, de plus, cette panne était déformée et très usagée.

Pour notre confrère, l'empoisonnement de Rousseau est inadmissible, le suicide par coup de pistolet invraisemblable.

D'après le moulage de Iloudon, il conclut que Rousseau « est mort assassiné » par Thérèse Levasseur. Voici le drame supposé par notre confrère.

Rousseau reproche à sa femme son inconduite, ses rapports scandaleux avec le palefrenier de M. de Girardin, et il lui signifie qu'il la chasse honteusement. « Une scène violente se déroula avec une extrême rapidité ; Thérèse renversa Rousseau, se saisit du premier instrument qui se trouva à portée de sa main et en frappa le malheureux à plusieurs reprises. Trois coups portèrent dans la figure : le premier étendit la victime, l'un des deux autres détermina une blessure mortelle. » Tout cela est parfaitement imaginé, mais ne s'appuie sur aucune constatation précise. Nous estimons, après l'avoir nous-même vérifié, qu'il n'y a trace que d'une seule plaie indiscutable sur le masque en plâtre : celle qui est indiquée dans le procès-verbal d'autopsie. R nous paraît même que le D^" J. Raspail a été imprudent en avançant que M. de Girardin « a imaginé la fable de l'apoplexie séreuse et la serina à Thérèse qui fut trop heureuse de s'en tirer à si bon compte ». Nous reprocherons même à notre confrère, ce que n'avait pas fait son grand-père, l'accu-

sation malveillante qu'il précise contre les praticiens chargés de la levée de corps et de l'autopsie : « M. de Girardin obtint facilement des chirurgiens de la région une complicité qui perce à chaque instant dans les deux procès-verbaux rédigés par eux. » Que M. J. Raspail nous permette de lui dire qu'il se trompe absolument sur ce point. La conduite des médecins fut parfaitement régulière, loyale, à l'abri de tout reproche, et leurs connaissances techniques ont été celles que pouvaient montrer à cette époque des experts instruits et expérimentés.

Faut-il discuter l'assassinat de Jean-Jacques Rousseau par Thérèse Levasseur?

A la lecture de ce mémoire, nous fûmes troublé par la précision et la minutie de la description des trois plaies relevées sur le moulage. Notre confrère indiquait le siège et l'ordre de succession dans lequel elles avaient été faites, la panne du marteau qui les avait produites, la position respective de Thérèse et de Rousseau, « un enfoncement et un effondrement de la base frontale droite », la fracture des os du nez. Ce plâtre a été examiné par le D'" Morin en i85i , par le D' Ghéreau en 1861. Ils admettent deux plaies sur le côté droit du front, mais ne signalent pas l'existence de la plaie au-dessous de l'œil droit et de la plaie au côté gauche du nez. Gomment le D' Julien Raspail a-t-il pu voir des empreintes de plaies en des points où elles n'ont pas été signalées sur le cadavre par les médecins, et sur le même moulage par le grand-père de notre confrère. Le D'" J. Raspail en convient en effet et ajoute : « Ge qui va suivre est absolument inédit; à côté de cette plaie avérée, reconnue par tout le monde, l'examen attentif du moulage en révèle deux et peut-être trois autres. »

Surpris et intrigué par cette réunion de plaies, par l'affirmation du crime, qui en était la conséquence d'après notre

confrère, nous l'avons prié de nous recevoir pour nous permettre d'étudier en toute bonne foi et sans parti pris le célèbre moulage qui a, comme l'avait dit le D' Chéreau, une « importance immense dans le débat ».

Le 7 octobre dernier, nous avons été reçu très aimablement à Arcueil, chez le D' J. Raspail qui a mis le plus grand empressement à nous permettre d'examiner le moulage.

Ce masque de Jean-Jacques est très beau, impressionnant : on y voit enchâssés dans le plâtre des cils et quelques poils à l'ouverture d'une narine. En haut, se trouve une ficelle pour accrocher le masque.

La plaie frontale droite supérieure est caractéristique, nette : pas de doute à avoir, c'est le résultat de la chute sur le carreau de la chambre. Elle est allongée vers le milieu du sourcil droit : ce qui permet d'expliquer la distinction des deux plaies, d'après les D'- Morin et Chéreau.

Celle qui, d'après le D' J. Raspail, est située au-dessous de l'œil droit n'est pas aussi précise. L'œil droit est moins fermé que le gauche (la tête, depuis la mort jusqu'au moulage, a, peut-être, reposé sur le côté droit, d'où, abaissement de la paupière droite, œdème localisé et par suite éraflure de la peau par le plâtre).

La troisième blessure relevée par le D"" J. Raspail est la dépression sur le côté gauche du nez : elle n'a rien de caractéristique et je n'oserai dire qu'en cet endroit, sur le cadavre, il y avait plaie. Le nez est aminci et pincé, comme il arrive sur tous les cadavres plus de vingt-quatre heures après la mort. Sur le moulage vu de profil, on dislingue à la mâchoire supérieure la saillie d'une incisive gauche. Nous ne constatons pas d'enfoncement au niveau de la plaie frontale ; il exiëte une très légère dépression consécutive aux tissus meurtris et exsangues. Sur le côté gauche du cou et

remontanl à droite deux sillons : nous les signalons pour qu'un jour ils ne soient pas indiqués comme la marque d'une pendaison !

En résumé, nous pouvons affirmer que le moulage montre nettement la plaie relevée sur le cadavre au moment de l'autopsie. La seconde dépression signalée comme plaie et décrite par le D' J. Kaspail, est possible, mais d'origine incertaine; la troisième nous paraît plus que douteuse.

Nous devons savoir gré au D^' J. Raspail d'avoir soulevé cette question. Il n'a pas de parti pris, nous a-t-il dit, et il offre le contrôle de son opinion par l'examen de la pièce importante qu'il possède. En toute sincérité, nous avons précisé la valeur qu'il fallait attribuer à ce moulage.

Concluons sur la mort de Jean-Jacques Rousseau : Il ne s'est pas suicidé et n'a pas été victime d'un assassinat. L'attaque d'urémie s'est terminée par une chute accidentelle qui a occasionné la plaie du front, plaie superficielle, sans enfoncement du crâne. Jean -Jacques Rousseau a succombé à une mort naturelle accompagnée d'accident. C'est une fausse mort subite.

La vie de Rousseau a été mêlée de contrastes et d'oppositions. Il en a été de même après sa mort. A l'heure actuelle, nous possédons tous les documents capables de fixer la vérité sur les derniers moments de c^ grand génie et il nous paraît que les débats doivent être clos.

La discussion restera ouverte sur l'importance, l'utilité ou le danger des écrits du plus illustre des enfants de Genève. Quand on connaît bien ses œuvres et sa vie, on peut ne pas partager toutes ses idées, mais il est juste de constater qu'un grand nombre de ses préceptes se sofit imposés. Il faut lui pardonner quelques-uns de ses paradoxes. Jean-

Jacques a eu du génie, beaucoup de cœur et il fut très malheureux.

Les conducteurs de peuples s'imposent par le verbe ou par l'épée.

Gœthe disait de Napoléon : « Ne pouvant réussir dans la littérature, il se tourna vers l'action. » Appliquée à Rousseau, cette formule est exacte : sa timidité l'empêchant de se jeter dans la lutte, il exprima ses idées par des livres. Tous deux ont eu une grande influence sur les pensées et les actes de ceux qui ont appliqué les théories de l'un, ou collaboré à l'exécution des projets de l'autre.

Comme Louis XVI et sa cour, comme Gustave III, roi de Suède, et d'autres grands seigneurs, le Premier Consul fit aussi le pèlerinage au tombeau de Rousseau. « Il eût mieux valu, dit Bonaparte à son ami Stanislas de Girardin, que cet homme n'eût pas existé, il a causé la Révolution. — Il me semble, citoyen Consul, répondit Girardin, que vous n'avez guère avons plaindre de la Révolution? — L'avenir dira, reprit Bonaparte, s'il n'eût pas mieux valu pour le repos de la terre que ni Rousseau ni moi n'eussions existé. » Si le propos rapporté par Stanislas de Girardin, dans ses Mémoires, est exact, Napoléon déjà perçait sous Bonaparte et cet inlassable batailleur ne se considérait pas alors comme un bienfaiteur de l'humanité.

A Lyon, cité du rêve et ville d'action, on comprend toutes les formes du génie, les différentes manifestations de la pensée, des sentiments et du caractère.

La lecture des ouvrages de Rousseau nous a donné la preuve certaine de sa grande bonté : c'est elle qui a convaincu notre grand philanthrope de la nécessité de ces trois vertus sociales : la pitié, la charité et la solidarité.

Lyon. — Iiuprimorio A. Eey, 1, rue Gentil. — G3o'J0

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Échéonce

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