TROISIÈME PARTIE
l'abbé EDGEWORTH.
Fils de saint Louis, montez au ciel...
Appuyé sur le bras de son confesseur, il monte l'échafaud, et s'avance d'un pas assuré vers les dernières planches, faisant face au peuple. D'un signe il impose silence à quinze ou vingt tambours placés vis-à-vis.
LE ROI, d*une voix forte.
Je meurs innocent de tous les crimes que Ton m'inpute Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que mon sang puisse cimenter le bonheur des Français
Un roulement commence, au signal du commandant Santerre, et la tête du Roi tombe. Le bourreau la saisit et la montre au peuple. Aussitôt une foule de citoyens trempent dans le sang de la victime, les uns leurs baïonnettes, les autres leurs sabres, ceux-ci un coin de leur mouchoir ou le fer de leur pique, quelques-uns des morceaux de papier qu^ils mettent au bout de leurs épées. — Les cris de Yvce la BÀpMique ! retentissent de toutes parts, et des femmes se forment en danse sur quelques points de la place.
Comme dernière note à ces tristes scènes, nous croyons devoir dire ici que le peintre Th. Gudin, ancien propriétaire de Beaujon, avait dans cet hôtel un cabinet tendu de draperies noires fleurdelysées, où Ton voyait une peinture représentant la tête de Louis XVI, tenue par la main du bourreau.
Cette peinture qu'on disait être de Greuze, et qui rendait exactement les traits du malheureux Roi, était frappée d'une si horrible vérité qu'une dame que nous conduisions un jour dans ce
îfâO LA MORT DE LOUIS XVI.
cabinet, sans aucun avis de ce qu^elle allait y voir, tomba en défaillance au premier coup d'œil jeté autour d'elle. — Un crucifix en ivoire et une broderie de la main de Marie-Antoinette complétaient le mobilier de ce réduit, et formaient comme le suaire des derniers représentants d*ime race royale que la hache venait de frapper.
^rleaus. — Imp. Ernesi Coias