‹ La mort de Louis XVI: Scènes historiquesChapitre 35 sur 212 · SCÈNE vni · texte numérisé non relu

SCÈNE vni

Ghftteaa des Tuileries, 5 août.

Appartement de la Reine. <— Il est deux heures du matin. «- La Reine vient de sonner. — Madame Campan, Tune de ses premières femmes, entre.

lA REINE, MADAME CAMPAN, puis UN VALET DE CHAMBRE ET LA PRINCESSE DE LAMBALLE.

LA REINE

Je VOUS demande pardon, ma chère madame Campan, d'interrompre ainsi votre sommeil; mais je ne suis ï>as encore faite à cet appartement, et les nuits sont si IcDngues dans ces malheureux temps I Je regrette mon i:*^z-de-chaussée. . .

M"*® CAMPAN

Il me semble, au contraire, que Votre Majesté devrait s ^féliciter de l'avoir abandonné.

la" REINE.

Il est vrai que les factieux deviennent chaque [jour l*\ine audace plus inconcevable... D'ailleurs je me '^■^cuve ici au centre de mes affections, entre Tapparte- ^O^^ntdu Roi et celui du Duuphin... Pauvres enfants!... ^li bien ! malgré cela, je ne puis dormir.

M"°® CAMPAN

Si vous vouliez qu'on fermât les volets...

LA REINE

îîon, non, j'ai besoin de voir le jour de bonne heure.. .

Et puis je retrouve quelquefois un peu de calme à contempler la tranquille solennité du ciel dans une nuit paisible. . Hélas I vous voyez ces rayons que la lune envoie mourir sur le parquet,., dans un mois peut-être, privée de ma liberté... je ne les verrai plus !...

M"® CAMPAN

La marche des Princes et du roi de Prusse cependant. . .

LA REINE

Oui, en ce moment tout semble nous être favorable ; mais nos conseillers intimes sont eux-mêmes si partagés sur les moyens à employer.

M"" CAMPAN

On parle cependant du dévouement des commanda::ts de Lille et de Verdun comme d'une chose certaine.

Mais quelle attitude prendra Paris dans cette occurence ?

M"' CAMPAN

N'en doutez pas, ce sera pour la capitale une bonne fortune, que tous les hommes de bien saisiront avec empressement.

LA REINE

Il faudrait pour cela que le Roi eût plus d'énergie, et il n'a qu'un courage passif. Dominé par une malheureuse méfiance de lui-même, qui vient de son éducation autant que de son naturel, il a peur dujcomman— dément et craint de parler aux hommes réunis. La manière dont il a vécu souslesyeuxde Louis XV jusqu'à vingt et un ans, a causé cette timidité.

M"* CAMPAN

Si Ton en croit cependant la plupart des ministrei^

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