PREMIÈRE PARTIE
mençons le bal. — On rira, je dis, aujourd'hui. Demandez plutôt à c'te dame qui passe là avec son sabre. — Dites donc, la jeune enfant? pas si vite, citoyenne.
THEROIGNE DE MERICOURT.
Eh bien ! nasillard : tu as peur^ je crois. Cherches-tu déjà une borne pour te cacher ?
Elle a tout de même Tair espiègle. — Dites donc?
THEROIGNE DE MERICOURT.
Dites donc, quoi?
Si les violons sont rendus?
THEROIGNE DE MERICOURT.
J'en ai déjà dansé plus d'une, et vous êtes des chiens, — On dirait des noirs ou des aristocruches, d'être ici, lu détour d'une rue, quand on travaille là-bas depuis leux heures. — Tiens regarde {Elle montre la lame de wn sabre couverte de sang^ et la passe à ses lèvres,) Ja sent déjà son fruit, voisrtu ; et il n'y a que ça qui
>uisse réchauffer le cœur d'un patriote Allons,
Ulonsl... Mais de quoi t'as l'air avec ta face blême omme un devant d'autel. Si je ne me trompe, tu as (lus relevé de toupets que tu n'as encore décollé de anards. C'est le granci jour aujourd'hui, il faut faire •ublier le passé, mon enfant. — Ça chauffe, et les raîtres sont partout : j'ai tout à l'heure arrêté une ausse patrouille sur la place Vendôme. Nous en avons iécollé neuf : autant de bonnets pour les piques. A 'heure qu'il est, on les promène, aux environs du 'arrousel. Mais je n'ai pas le temps, je vais à la Mailon-de-Ville, où ce qu'on a besoin de moi.
On entend des tambours et des cris répétés.
Tlà un bataillon.
Je les connais : ce sont ces mauvais épaulettiers...
Non, ce sont les Lombards. — Vivent les patriotes ! Au Carrousel! au Carrousel I...
DEUX FEMMES, Sortant des rangs, le sabre au poing,
vont reconnaître.
Qui vive I
Sans-culotte.