‹ La mort de Louis XVI: Scènes historiquesChapitre 51 sur 212 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

LE ROI

Je le sais, Monsieur; ........ Et vous, monsieur Rœ-

derer?... Car je voudrais épargner le sang des Français....

RŒDERER

Sire, c'est l'éloge de votre cœur.

PÉTION

Oui, Sire, et votre sagesse peut seule tout sauver; mais j'objecterai à Votre Majesté que le corps municipal, dont je suis le chef, ne peut prendre que des mesures d'ordre, et que le commandement de la force armée appartient de droit au chef de l'État.

LE ROI

Par-dessus tout, Messieurs, je veux éviter l'effusion du sang, et il me serait doux de vous voir user de votre autorité pour éclairer le peuple et le prémunir contre de funestes entraînements.

RŒDERER

Sire, puisque tels sont vos ordres, nous allons. Monsieur le Maire et moi, nous retirer un instant pour nous assurer de l'esprit des gardes nationaux.

Ils sortent. — La Reine et Mandat rentrent en même temps. LA REINE.

Sire, voilà notre brave commandant. — Monsieur Mandat, avez-vous de bonnes nouvelles ?

MANDAT

Je compte encore sur la loyauté des Français et sur leur attachement à la constitution, mais la malveillance est à son comble....

LA REINE

Pouvez-vous, au moins, répondre des jours du roi?

MANDAT

Je puis répondre de mourir pour vous. Je compte aussi sur le dévouement de quelques hommes honnêtes ; Verdières, Papillon et Rhulières, qui viennent de se former avec leurs gendarmes sur la place du Louvre, me font espérer que les factieux s'arrêteront et n'oseront rien tenter contre vos Augustes Personnes.

LA REINE

Je vous en fais mes sincères remercîments, Monsieur-Mandat; dites bien à ces braves que leur cause est la nôtre.

LE ROI

Que je n'ai rien tant à cœur que de faire le bonheur des Français.... que je les aime.... que je leur suis toujours dévoué.

PÉTION, entrant avec Rœderer,

Sire, les gardes nationaux se refusent à toute agression. La constitution est leur souveraine loi : elle ne permet que la défensive, jamais l'attaque.

MANDAT

Dans ce cas, Monsieur le Maire, et avec l'agrément de Sa Majesté, nous allons passer à l' état-major de la garde nationale pour nous y concerter sur les moyens de défense que vous croyez utiles.

PÉTION

Je ne sais ce que vous voulez dire, Monsieur, ces moyens ne me regardent point ; je n'ai pas d'ordre à donner à vos ofllciers.

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