M. DUBOUCHAGE
Oui, vingt personnes l'annoncent et le disent !
LA REINE
Les misérables !... et son fils, cet intéressant jeune homme que son amour filial attachait aux pas de son père; il aura sans doute, également péri !
M. DE MOLLEViLLE, entrant.
Non, Madame, mais il a été encore plus malheureux... vainement il leur a demandé le corps de son père ; les tigres l'ont mis en pièces et l'ont précipité dans la Seine, gardant la tête pour en faire un trophée. LA REINE, prenant la main de la princesse Elisabeth.
Au nom du ciel. Messieurs, sauvez le Roi, sauvez mes enfants îayezpitié d'une mère ! — pauvres enfants ! (d Madame Elisabeth) : — Ma sœur, suivez-moi à l'appartement des enfants ! — mais voilà M. de la Chênaie : — Quelles nouvelles, Monsieur ?
M. DE LA CHENAIE, entrant Madame, le carnage sera terrible.
LA KEINE
Mes pauvres enfants I
La Reine et M°*« Elisabeth sortent. — Le Roi et ses ministres continuent leur conférence. — La Reine rentre presque aussitôt,, accompagnée de W^^ Elisabeth et de Lamballe; elle tient 1^ Dauphin par la main.
LA REINE
Sire, n'hésitez pas. Vos vertus et votre courage peu — vent seuls nous sauver. Au nom du ciel, songez à votre famille.... agissez I
Elle embrasse le Dauphin.
LE DAUPHIN, Misant les mains de sa mère.
Mais, maman, pourquoi lui feraient-ils du mal? il est si bon !
Le Roi tend les mains au Dauphin et le serre dans ses bras. La Reine est appuyée sur le fauteuil de son époux.
Si je pouvais au moins vous sauver, vous et mon âls!
LE DAUPHIN
Mais, Sire, vous n'avez qu'à faire, comme l'autre fois, quand ces vilaines femmes sont venues, et que j'avais une belle cocarde sur la tête ; ils ne diront rien si vous mettez leur bonnet ; et puis j'ai vu une femme qui a bien pleuré, quand maman lui a dit qu'elle aimait les Français.