‹ La mort de notre chère France en orientChapitre 1 sur 52 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

puis surtout, il y eut par centaines des banquiers levantins qui, les mains pleines d'or, veillaient partout; c'étaient gens habiles et acharnés à découvrir, au flair, les quelques rares petites âmes à vendre qui çà et là entachaient nos rangs, et, sous leur patronage, des calomnies salariées s'insinuaient de temps à autre par surprise dans nos feuilles les plus intègres ; contre les pauvres Turcs, des insultes infiniment regrettables se faufilaient sans trop de peine, tandis qu'il ne fallait jamais toucher aux Arméniens ni aux Grecs.

Pauvre livre, je n'ai même pas eu le temps de le composer; il s'est fait tout seul, au jour le jour, au hasard des aberrations de notre politique hésitante, qui, au fond, sentait bien la pente fatale, mais n'avait pas le courage de se raidir, de s'arrêter. Avec angoisse, comme la plupart des Français de mon temps, j'ai suivi, de chute en chute, cette course à l'abîme, qui laissera dans l'histoire de notre race la première tare indélébile; je l'ai suivie en me disant : Non, cela ne se peut pas, la conscience et le bon sens français vont finir par se reprendre au bord du précipice; nous ne commettrons pas cette imbécillité et ce crime de contribuer à anéantir la race la plus loyale de l'Europe et la seule

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vraiment amie, au profit de notre implacable rivale et de sa méprisable petite alliée... Eh! bien, si, hélas! le voilà déjà aux trois quarts commis, le crime sans réparation possible, comme sans excuse. Et ce sont les Anglais qui nous ont entraînés là; non pas tous 1-es Anglais, je ne leur fais pas l'injure de les en accuser tous, mais l'un d'eux, et l'un presque seul, ce Lloyd George qui a toutes les roublardises du primaire qu'il est resté. Et d'ailleurs, comme premier résultat de son absurde gloutonnerie de conquête, en attendant les pires désastres de l'avenir, il a déjà conduit son pays à cette humiliation, d'être obligé d'appeler la Grèce à son secours, malgré les énormes machines à tuer amenées par mer et qui commencent de détruire sans pitié les adorables et paisibles villages des côtes de Turquie, les délicates mosquées et les minarets frêles.

Je me serais donc découragé et résigné au silence si je n'avais la certitude que la vérité tout de même fait son chemin, depuis surtout que les esprits les plus obtus ont été forcés de constater les premières conséquences des complicités de cette grande Angleterre infiniment redoutable et de cette toute petite Grèce son abjecte servante. Si nos gouvernants, liés

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