PAR « LE MATIN
a Constantinople, 30 janvier. — En dépit des manifestations récentes en l'honneur de Pierre Loti et des tendances turcophiles d'une partie de la presse parisienne, les nationalistes turcs sont officieusement en guerre avec la France dans les districts d'Aïntab et de Marach.
» Des bandes nationalistes ont attaqué traîtreusement et massacré plusieurs officiers et soldats français et ont forcé les troupes françaises à évacuer Marach et la ville d'Aïntab, tandis que
1 . Les troupes françaises aux prises avec les nationalistes turcs.
les populations françaises en armes se réfugiaient sur les hauteurs qui dominent Aïntab.
» Au commencement de la semaine, les Français, ayant reçu des renforts, attaquèrent les nationalistes, emportèrent d'assaut leurs casernes et marchèrent sur Marach, en forçant les Turcs par le tir de leur artillerie à abandonner quatre villages fortifiés.
» Une partie d' Aïntab est brûlée. »
Or, dans un précédent chapitre, j'ai rétabli la vérité sur ces affaires de Marach et d'Aïntab, si impudemment travesties par le Times.
Je remarque aussi que, dans les journaux français et surtout anglais, les troupes des braves nationalistes turcs sont toujours appelées avec dédain des bandes et que c'est toujours traîtreusement qu'elles agissent!...
LETTRE d'un OFFICIER DE l'aRMÉE d'ORIENT
Paris, 24 janvier 1920.
Monsieur,
J'ai lu, dans l'Œuvre, avec une émotion sincère votre noble et généreuse protestation en faveur du peuple turc méconnu de nos diplomates et gouvernants. J'ai vécu, passagèrement, comme officier en Orient et j'ai senti tout ce qu'il y avait d'amitié profonde, de sympathie spontanée pour la France, dans l'âme du peuple turc.
Veuillez me permettre de vous demander de me compter, moi aussi, au nombre des milliers d'amis plus ou moins lointains qui vous comprennent, qui vous aiment et qui vous remercient infiniment de dire la parole de vérité.
Signé : andré desbordes-rexès,
ancien sous-préfet, sou3-chef de bureau au ministère des Régions libérées.